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24/07/2021

FESTIVAL DU TOÛNO: ENTRE MOTS ET NOTES

Pour la pianiste Michèle Courvoisier, amoureuse des livres
et du Val d'Anniviers, mots et notes se conjuguent
tout naturellement.
Encore faut-il les entendre, les écouter.
D'où la naissance, en 2013 déjà, de l
’Association
Entre Mots et Notes et du Festival du Toûno.

 

La pianiste est devenue secrétaire du Festival, le baryton Claude Darbellay responsable de sa programmation tandis que Christian Caloz a accepté d'en assumer la présidence. De nombreux autres bénévoles participent à la réussite de l'événement anniviard, tous emmenés  par Magali Schmidt, également membre du comité et responsable du lien avec les habitants.

Depuis 2013, le Festival du Toûno conjugue avec bonheur littérature et musique sous différentes formes. Des mots aux notes de musique, il n'y avait qu'un pas. Cet événement incontournable du val d'Anniviers a immédiatement rencontré son public. Le programme du Festival a d’ailleurs valu à ses organisateurs le Mérite culturel de la Commune d’Anniviers. 

Chaque année, durant une belle semaine, le Festival du Toûno propose à Saint-Luc des soirées littérature et musique (mots et notes) en plus d'un concert de plus grande envergure à l’église de Vissoie. Le spectacle d’ouverture a lieu sur la place du village.

Toûno 2021
Au programme de cet été 2021, du 2 au 7 août, voici des apéritifs littéraires dans des lieux magiques, des rencontres littéraires avec les écrivains invités, des cartes blanches à des comédiens pour des moments plus intimes sans oublier un spectacle pour enfants. Pas moins de septante intervenants partagent leurs talents avec le public.

Entre autres points forts de cette édition, j'ai retenu: 
Le mardi 3 août, à 20 h., à la salle communale, des œuvres de Schubert, Rossini, Donizetti et Bernstein interprétées par la soprano Laure Barras,  le ténor Gabriel Courvoisier et la pianiste Irène Puccia.

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La jeune soprano Laure Barras

 

Le jeudi 5 août, à 11 h,  à la salle bourgeoisiale de St Luc, un hommage à Philippe Jaccottet.

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A 19 h. 30, à l’Eglise de Vissoie, l’Opéra Cosi fan tutte de Mozart, avec les solistes Laura Andres, Elise Efremov, Stéphanie Guérin, Rémy Burnens, Vincent Casagrande et Claude Darbellay sous la direction de Gilles Colliard.

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Le baryton Claude Darbellay

 

L'Aire à Toûno

Pour ma part, le vendredi 6 août, à 11 heures, je participerai à un apéritif littéraire, avec la complicité de Jean-Marie Félix, aux Moulins de Saint-Luc.
Le même jour, à Saint-Luc, Alain Bagnoud, lui aussi publié aux Editions de L'Aire, présentera son roman La vie suprême à 18 h.30  à la salle bourgeoisiale de St Luc (avec Perrine Le Querrec) sous la houlette de Marlène Métrailler.  Une lecture de son dernier livre et de celui de Perrine Le Querrec sera donnée par Anne Salamin et Jacques Maître à 20 heures à la salle communale du village.

Val d'Anniviers mythique

Ce sera une joie immense de retrouver le val d'Anniviers qui m'est cher depuis mon adolescence et que m'a fait découvrir René-Pierre Bille, le photographe et cinéaste animalier, frère de Corinna Bille et ami d'Ella MaillartAvec ses aroles et ses mélèzes, ses gentianes et ses rhododendrons, le val d'Anniviers est un parfum.

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René-Pierre Bille lors de ses débuts de cinéaste dans le val d'Anniviers

Quant aux êtres que j'y ai côtoyés, des Bille et Chappaz à Ella Maillart, de Gui-Michel Caillat  à la famille Adenauer, ils sont une page indélébile de mon journal personnel.

Alors, pour les mots et les notes, écrivains, musiciens et comédiens, et pour la beauté du val d'Anniviers, à bientôt à Saint-Luc!

Le programme complet du Festival est à voir sur www.festivaldutouno.ch/272.html

 

 

 

 

31/05/2021

Les pépites de Sylvie Blondel

 Sylvie Blondel maîtrise avec bonheur l’art de la nouvelle.
J'aime son univers nimbé de réalisme et d’Imaginaire. 
Une bonne raison pour l'accompagner sur ses chemins, 
de l’Europe au Japon.

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Sylvie Blondel: un regard lucide et sensible à la fois.

Photo: Marie-France Arnold

 

Après Le fil de soie*, qui nous avait révélé son talent de nouvelliste, Sylvie Blondel nous offre ce printemps dix nouvelles sous forme de Pépites** aussi délicates et originales qu'une aquarelle. Elles sont écrites avec une subtilité parfois mâtinée d'un brin d’ironie. Dans l'esprit de Sylvie Blondel, elle aussi amatrice de peinture, rêve et fantastique se conjuguent harmonieusement sans tomber dans le pathos.

De la «vraie vie»...

Ainsi, au terme de La nuit verte, un personnage féminin affirme: «Je n’oublie pas, je ne pardonne pas». Et tout est dit du long cauchemar dont elle a resurgi. Son   parcours nous est retracé sans l'ombre de voyeurisme.

Les textes de l’auteur suisse-romande nous immergent parfois dans une «bonne société» qui ne respire pas forcément la bonté. A en croire l'auteur,  ce milieu-là, cultivant le paraître,  peut être impitoyable par ses trahisons et son hypocrisie. «La haine de la liberté, dans l’esprit de certains êtres obtus me révolte encore aujourd’hui» écrit la narratrice (ou serait-ce plutôt Sylvie Blondel?).

Parmi les dix nouvelles de Pépites, je me suis attardée près de La Maison vide, d’inspiration autobiographique. Il fut une époque où la grande sœur et ses trois petits frères jouaient dans un grand jardin au bord du lac. Quelques décennies plus tard, la mère de l’auteur, souffrante, est placée dans un EMS, et il s'agit de quitter la maison familiale avec son beau jardin, ses fleurs et ses arbres. Le tout est écrit sobrement mais le lecteur ressent intensément cet adieu à l’enfance et à l'adolescence.

...aux paradoxes du Japon

Serait-ce pour fuir un chagrin, Sylvie Blondel nous invite à la suivre au Japon, pays qui lui est familier. Alors, de Kyoto à Osaka, un nouveau monde nous apparaît avec ses beautés et ses fêlures, sa douceur et sa violence. Retraçant son séjour japonais, la professeur de littérature redevient la journaliste qu’elle fut – en nous apprenant notamment que le Japon est aujourd’hui aussi habité par vingt millions de pauvres vivant dans la misère. Eux ne connaissent par l'Ikebana et la céramique japonaise, entre autres trésors, ni les haïkus. Ils sont des citoyens de deuxième zone dans un Japon déshumanisé.

...et au firmament

Et si nous quittions cette sombre réalité pour accéder au firmament? Fascinée par le Ciel, comme elle nous l’a appris dans Ce que révèle la nuit***, Sylvie Blondel l’est aussi par les minéraux. Avec leur part de secret, les pierres lui parlent autant que les nuages et les étoiles. Dès lors, un Infini  s'ouvre à nous. A ce titre et pour sa beauté, Pépites mérite notre lecture. 

 

* Editions L’Age d’homme/Littératures, 143 pages, couverture de France Schmid.

** Editions de L’Aire, 2010.

*** Ce que révèle la nuit, Pearlsbooksedition, 2015.

16:41 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, Femmes, Fiction, Lettres, Monde, Vaud, Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) |