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21/06/2021

POEME CHOISI (69) Philippe Rahmy

Le Grand Prix C. F. Ramuz 2020 a été décerné à Philippe Rahmy,
à titre posthume, ce 25 juin au Théâtre de l’Octogone à Pully.
La cérémonie fut accompagnée
d’une exposition de photographies. 
C'est l’Association des ami.e.s de Philippe Rahmy*,
avec la veuve de l'écrivain,
Tanya Rahmy, qui a reçu le Prix
lors d'une cérémonie très émouvantes.

 

TIENS BON, FRERE, SŒUR **...

 

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https://bobibobi-dessin.blogspot.com

 

« Toi qui souffres, pourquoi distinguer ta douleur de la mienne?

Tiens bon, frère, sœur, tiens-toi ferme

Regarde!

Aussi vrai que j’écris de mon corps lequel est appelé livre,

Et que tu peux m’y voir heureux,

Aussi vrai je me tiens debout à ton côté

Et toi au mien.

Ainsi nous apparaissons singuliers d’un pour l’autre

Et notre misère n’est plus du livre, 

Ni du corps, 

Mais faite de notre ressemblance,

Elle est la nature profonde de la fraternité»

 

 

* https://amis-de-philippe-rahmy.org

** Mouvement par la fin, un portrait de la douleur, Cheyne Editeur, collection Grands Fonds 2005.

 

Paru en janvier aux Editions de L’Aire, mon dernier ouvrage, Un itinéraire avec Rimbaud*** était suivi de Lettre à Philippe Rahmy et accompagné du dessin de Bobi+Bobi.

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*** Editions de l'Aire, 2021, Frs 15.

editionaire@bluewin.ch

 

 

18:07 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, Femmes, Images, Lettres, Monde, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0) |

31/05/2021

Les pépites de Sylvie Blondel

 Sylvie Blondel maîtrise avec bonheur l’art de la nouvelle.
J'aime son univers nimbé de réalisme et d’Imaginaire. 
Une bonne raison pour l'accompagner sur ses chemins, 
de l’Europe au Japon.

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Sylvie Blondel: un regard lucide et sensible à la fois.

Photo: Marie-France Arnold

 

Après Le fil de soie*, qui nous avait révélé son talent de nouvelliste, Sylvie Blondel nous offre ce printemps dix nouvelles sous forme de Pépites** aussi délicates et originales qu'une aquarelle. Elles sont écrites avec une subtilité parfois mâtinée d'un brin d’ironie. Dans l'esprit de Sylvie Blondel, elle aussi amatrice de peinture, rêve et fantastique se conjuguent harmonieusement sans tomber dans le pathos.

De la «vraie vie»...

Ainsi, au terme de La nuit verte, un personnage féminin affirme: «Je n’oublie pas, je ne pardonne pas». Et tout est dit du long cauchemar dont elle a resurgi. Son   parcours nous est retracé sans l'ombre de voyeurisme.

Les textes de l’auteur suisse-romande nous immergent parfois dans une «bonne société» qui ne respire pas forcément la bonté. A en croire l'auteur,  ce milieu-là, cultivant le paraître,  peut être impitoyable par ses trahisons et son hypocrisie. «La haine de la liberté, dans l’esprit de certains êtres obtus me révolte encore aujourd’hui» écrit la narratrice (ou serait-ce plutôt Sylvie Blondel?).

Parmi les dix nouvelles de Pépites, je me suis attardée près de La Maison vide, d’inspiration autobiographique. Il fut une époque où la grande sœur et ses trois petits frères jouaient dans un grand jardin au bord du lac. Quelques décennies plus tard, la mère de l’auteur, souffrante, est placée dans un EMS, et il s'agit de quitter la maison familiale avec son beau jardin, ses fleurs et ses arbres. Le tout est écrit sobrement mais le lecteur ressent intensément cet adieu à l’enfance et à l'adolescence.

...aux paradoxes du Japon

Serait-ce pour fuir un chagrin, Sylvie Blondel nous invite à la suivre au Japon, pays qui lui est familier. Alors, de Kyoto à Osaka, un nouveau monde nous apparaît avec ses beautés et ses fêlures, sa douceur et sa violence. Retraçant son séjour japonais, la professeur de littérature redevient la journaliste qu’elle fut – en nous apprenant notamment que le Japon est aujourd’hui aussi habité par vingt millions de pauvres vivant dans la misère. Eux ne connaissent par l'Ikebana et la céramique japonaise, entre autres trésors, ni les haïkus. Ils sont des citoyens de deuxième zone dans un Japon déshumanisé.

...et au firmament

Et si nous quittions cette sombre réalité pour accéder au firmament? Fascinée par le Ciel, comme elle nous l’a appris dans Ce que révèle la nuit***, Sylvie Blondel l’est aussi par les minéraux. Avec leur part de secret, les pierres lui parlent autant que les nuages et les étoiles. Dès lors, un Infini  s'ouvre à nous. A ce titre et pour sa beauté, Pépites mérite notre lecture. 

 

* Editions L’Age d’homme/Littératures, 143 pages, couverture de France Schmid.

** Editions de L’Aire, 2010.

*** Ce que révèle la nuit, Pearlsbooksedition, 2015.

16:41 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, Femmes, Fiction, Lettres, Monde, Vaud, Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) |