ID de suivi UA-65326999-1

18/05/2021

ISRAËL-PALESTINE: YEHUDA ET MAHMOUD

Mon coeur se déchire à la vision des scènes de violence
qui défigurent aujourd'hui Israël et la Palestine. 
Rappel de quelques dates gravées dans ma mémoire.

En septembre 1967, trois mois après la Guerre des Six Jours, à Jérusalem Est, j’avais sympathisé avec des Palestiniens chrétiens qui devinrent Israéliens après avoir été Jordaniens. J’avais aussi cueilli des pommes au kibboutz de Kfar HaMacaby au-dessus de Haïfa. 
En 1969, à Beyrouth, sous la houlette de l’UNRWA, j'ai «visité» des camps de réfugiés palestiniens où la plupart croupissaient depuis 1948. 
Ils se demandaient s'ils reverraient un jour la maison qu’ils avaient dû abandonner en quelques heures.
En juin 1970, à Jérusalem, j'étais allée interviewer Golda Meir, alors Premier Ministre. Au terme d'un long entretien, je lui avais rapporté ce que j’avais vu «de l’autre côté» (Liban, Jordanie). Elle avait demandé à un officier de me conduire au kibboutz de Kiryat Shmona, près de la frontière libanaise. Les enfants logeaient dans les abris souterrains quand les fedayin les attaquaient du sud-Liban qu’ils avaient occupé. 
Vers 1989, à Flüeli Ranft, le village de Sant-Nicolas de Flüe, j’avais participé à un colloque réunissant Juifs et Arabes de Suisse et d’Israël. Tous croyaient à la paix et y œuvraient concrètement. Un Israélien avait même fondé un kibboutz réunissant Juifs et Arabes.
En ce mois de mai 2021, le projet de deux Etats, Israël et Palestine, cohabitant harmonieusement s’est temporairement évanoui. 
Deux poètes, l’Israélien Yehuda Amichaï et le Palestinien Mahmoud Darwich, tous deux disparus, ont lutté inlassablement pour que la Paix règne enfin sur cette terre à la fois juive, musulmane et chrétienne. Il faut les lire pour saisir que la connivence entre eux fut, est et qu'elle renaîtra.

 

UN BERGER ARABE

par Yehuda Amichaï*

images.jpeg

«Un berger arabe cherche sa chèvre sur le Mont Zion

Sur la colline d’en face je suis à la recherche

de mon petit garçon

 

Un berger arabe et un père juif

tous deux dans leur perte provisoire…

Nos deux voix se rencontrèrent au-dessus

de la Piscine du Sultan dans la vallée qui nous séparait

 

Aucun de nous ne veut que son garçon ou la chèvre

ne soit pris dans les rouages de la Had Gayah.

Après nous les trouvâmes au milieu des buissons

et nos voix rentrèrent en nous,

 

Rires et pleurs.

Chercher une chèvre ou un fils

a toujours été le commencement

d’une nouvelle religion dans ces montagnes.»

 

(1980, traduction Anne Loiseau d’après l’anglais, in Anthologie personnelle Actes Sud, hors collection 1992).

* Yehuda Amichaï (1924, Wurtzbourg, Allemagne-22 septembre 2000, Jérusalem).

 

 

LA PALESTINE EST BELLE – OUI LA PALESTINE EST BELLE

par Mahmoud Darwich**

2344326317.jpg

«Variée riche – riche en histoire

C'est une terre de mythes

de pluralismes

et elle est fertile malgré le manque d'eau

elle est modeste aussi

la nature y est modeste

c'est un pays simple

 

Voici la terre de mon poème

et dans ces terres je me sens un peu étranger

il est vrai que l'on peut se sentir étranger

même dans son propre miroir

il y a quelque chose qui me manque

et ça me fait mal

je me sens comme un touriste

sans les libertés du touriste.

 

Etre en visite me mine,

quoi de plus éprouvant que se rendre visite à soi même…»

 

Extrait d'un documentaire «Mamhoud Darwich : Et la terre comme une langue» de Simone Bitton. Les livres de Mahmoud Darwich, dans leur traduction en français, ont été publiés chez Gallimard et Actes Sud.

** Mahmoud Darwich (1941, Al-Birwa, Palestine– 2008, Houston)

 

 

 

12/09/2020

ANDREE CHEDID (4) CRIS POUR LE LIBAN

En ces temps si tragiques pour le Pays du Cèdre,
je vous propose des textes sur le Liban car,
comme l'a écrit Yannis Ritsos, 
«La poésie n'a jamais le dernier mot, le premier, toujours».
J'y crois.

Après Nadia TuéniLaurent Costantini,
et Khalil Gibran,
voici un poème d'Andrée Chedid
publié en 1975 au cœur de la guerre du Liban.

Unknown-1.jpeg

Andrée Chedid à Sion (Valais) en 2002

 

Photo: Gilberte Favre

 

Cris pour le Liban

 

Comment te nommer, Liban?

Comment ne pas te nommer!

 

Comment crier du fond de tes abîmes

hors des camps et des clans

loin des catéchismes de la discorde

 

Dévoré par chacun de tes visages

de quel regard te contempler

de quelle oreille t’entendre

de quelle voix te servir ?

 

Pays

 

qui fut aussi ce coeur de largesse

ce visage d’hôte

ce levain ds libertés

 

Ne rebrousse plus chemin!

 

Récolte toutes les plaintes

Emporte toutes les paroles

 

Et pour fonder demain

reçois à table ouverte,

tes enfants rassemblés».

 

 

 

In Cérémonial de la violence, 1976, Editions Flammarion.

 

 

 

AIDER A SAUVER LE LIBAN

Il est urgent d'aider le peuple libanais et le Liban.
Merci de contribuer à les aider en versant un don
à la Chaîne du Bonheur.
L'argent sera réparti sur place par Caritas,
la Croix-Rouge suisse,  l’Entraide Protestante (EPER),
Médecins sans Frontières, Medair
et Terre des hommes,
sous la supervision de l'Ambassadrice de Suisse Monika Schmutz.

CHAINE DU BONHEUR

CP 10-15000-6

IBAN: CH82 0900 0000 1001 50000 6 SWIFT: POFICHBEXXX

 

Merci de votre soutien.