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28/04/2020

PHRASES RETENUES (17) CLAUDE LEVENSON

D'un livre à l'autre, des phrases m'agrippent, me hantent
et me poursuivent.
C'est le cas de La montagne des trois temps
de 
Claude Levenson.
L'orientaliste et tibétologue nous a quittés
voici bientôt dix ans
mais elle est toujours parmi nous 
puisque ses livres nous accompagnent.

 

La montagne des trois temps

Dans les années 1990, Claude est en route vers «une montagne  singulière qui fait rêver». Elle se situe au-delà des Himalayas, au Tibet. C’est le Mont Kailash. Elle marche vers lui avec son compagnon de vie et de route Jean-Claude Buhrer.

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La face nord du Mont Kailash

copyright: Ondřej Žváček

 

La marche est rude pour ce couple peu familier de la haute montagne. Mais Claude et Jean-Claude  persévéreront vers cette montagne sacrée, côtoyant les pèlerins tibétains et leurs yacks, sous un ciel souvent limpide et dans les pierriers.

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L'écrivain, auteur d'une cinquantaine de livres sur le bouddhisme et le Tibet,
notamment, traduits en de multiples langues.
Ici, escale bienvenue et dialogue avec des Tibétains au pied du Mont Kailash.

 

copyright: Jean-Claude Buhrer

 

Claude Levenson pressent qu’il y aura un avant et après ce voyage. Avant de prendre le sentier du retour vers la plaine et les rivières, elle nous laisse un message intemporel.

«Ainsi la boucle est-elle bouclée. Il faut désormais repartir, redescendre vers les plaines à travers les grands défilés qui sont aux avant-postes de l’espace et d’une certaine lumière.

Peut-être la Montagne des trois temps m’a-t-elle confié trois secrets: la gratitude envers le passé, la disponibilité envers le présent, la responsabilité envers l’avenir. Mais il n’y a pas vraiment de secret: deux fois né veut simplement dire pleinement né. Etre avec sa raison, sa conscience et son cœur, au-delà des petits riens égoïstes, ouvert à une harmonie nouvelle, clef d’un accord avec le monde».

 

 

* In La montagne des trois temps, Calmann-Lévy (Collection Ligne de vie), 1995.

 

 

 

 

 

 

17:31 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, Femmes, France, Histoire, Lettres, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/03/2020

ANDREE CHEDID (2) CENT ANS ET INTEMPORELLE

 Andrée Chedid, poète, romancière,
auteur dramatique et nouvelliste,
disparue en 2011,
aurait eu cent ans le 20 mars.
L'auteur de «la fraternité», comme elle fut appelée,
était aussi un modèle d'humanité et d'humilité.
Couronnée par de nombreux prix,
dont le Goncourt de la Poésie et de la Nouvelle,
son œuvre continue à nous éclairer.

Témoignage personnel

J'ai rencontré pour la première fois Andrée Chedid en 1987 à mon retour du Liban où j'étais allée recueillir la voix d'enfants victimes de la guerre. Sur le conseil de Françoise Dolto, je lui avais demandé une préface pour mon livre ce qu'elle avait d'emblée accepté. Et c'est dans sa préface que j'avais trouvé le titre de mon livre: L'Hirondelle de vie.*

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«Tous ces enfants singuliers, dissemblables, qui ont tellement enduré et dont les voix pourtant s'unissent pour suggérer d'autres engagements, pour amorcer d'autres espoirs...» avait-elle écrit et décrété: «Non, ce n'est pas «l'oiseau mort» que l'on trouve au fond de leurs poitrines. C'est l'hirondelle de vie!»

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Andrée Chedid à Paris en 1987.

photo: gf

 

Dès 1987, nous avions noué une profonde amitié et nous étions souvent retrouvées en tête-à-tête et en famille. A Paris et en Suisse, entre Lausanne, Genève et le Valais où, avec son mari, elle passa notamment chaque été, durant plus de trente ans,  à Loèche-les-Bains qu'elle nommait «Leukerbad».

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Sous le ciel de Loèche-les-Bains en 2002 avec son époux, en 2004.

photo: gf

 

De la poésie «clé de voûte»...

En 1990, dans un entretien pour la revue littéraire ECRITURE**, Andrée Chedid  m'avait précisé, comme je l'interrogeais sur les divers genres littéraires qu'elle pratiquait (poésie, roman, nouvelle, pièces de théâtre, essais) : «Pour moi, la clé de voûte, c'est la poésie. Elle est le fond de toute expression humaine». Et lorsque je lui avais demandé de choisir parmi tous ses livres un ou deux titres seulement, elle avait répondu: «Ce serait L'Autre*** et les poèmes car, en peu de mots, ils expriment le fond de mes aspirations, ils évoquent cette constante interrogation sur la vie, sur la mort et sur le passage si bref entre l'un et l'autre. Aussi du besoin d'aller à la rencontre des êtres».

...  à Maurice Chappaz...

En 2005 sous le ciel de Sarreyer, Andrée Chedid fit connaissance avec Maurice Chappaz. Les deux poètes se dédicacèrent mutuellement les ouvrages publiés à un an d'intervalle chez Seghers (collection Poètes d'aujourd'hui) qui leur avaient été consacrés: Andrée Chedid, par Jacques  Izoard (2004) et Maurice Chappaz, par Christophe Carraud (2005). 
Andrée et Maurice s'étaient revus dans le val de Bagnes en 2006. Andrée Chedid  avait récité par cœur ces mots du poète: 

« Quel est donc parmi les savants

celui qui m'enseignera la tendresse ?» 

Et les poètes s'étaient embrassés. Et Andrée avait aussi été émerveillée par L'Abbaye du Châble et interloquée par les exercices acrobatiques de gymnastique dont Chappaz avait fait la démonstration.

...et à BABEL

Andrée et Louis Antoine Chedid avaient confié aux Editions Z, à Lausanne et Sarreyer, de publier leur livre à deux voix: BABEL, Fable ou métaphore. Dans le premier récit, Andrée faisait entendre la voix d'Aél, une Babylonienne contemporaine de la Tour et celle de Léa, une femme d'aujourd'hui. Dans le second récit, Louis Chedid se demandait si BABEL n'était pas une métaphore. Riche de sens, celle-ci «questionnerait à la fois notre vision du Divin, notre compréhension du langage et même le pouvoir de l'ordinateur» selon les mots du scientifique Louis Chedid.

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Photo: rb

 Andrée et Louis Antoine Chedid à Sion en 2004 lors de la sortie de presse,
aux Editions Z,  
de BABEL, fable ou métaphore****

 

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L'Hirondelle de vie, chronique des enfants du Liban, préface d'Andrée Chedid, Editions de L'Aire, 1988 (épuisé).

** ECRITURE 56, Entretien avec Andrée Chedid, printemps 2000.

**** L'Autre, roman, 1969 (rééditions en.....disponible collection de poche Flammarion). 

**** Babel, fable ou métaphore, Andrée et Louis Antoine Chedid, Editions Z, (http://editionz.ch/livres), 2002.

 

 

 

 

 

 

10:48 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, France, Lettres, Monde, Solidarité, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) |