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01/09/2011

POEMES CHOISIS (20): OSSIP MANDELSTAM

A l’instar de la nature et de la musique, la poésie peut nous être un viatique.
Au fil des jours, je vous proposerai des textes qui m’accompagnent
avec une fidélité indéfectible.

 

 

«Rien, en Poésie, ne s’achève.

Tout est en route, à jamais».

Andrée Chedid

 

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«Quand la terre s’assoupit et que la chaleur tombe,

quand un sommeil de cygne détend l’âme du fauve

quand la nuit mène sa ronde, file son fil de feu,

quand le zéphir en mer berce la forte houle,

 

Je sens, je brûle, j’explose, je pleure… mais elle n’entend,

elle, toujours elle, si proche, irrésistible,

la nuit, la nuit entière aux aguets,

elle qui respire toute d’un lointain bonheur.

 

Si la source est une, l’eau tient divers langages :

tantôt douce, tantôt dure… dès lors se peut-il

que demeure une et même l’aimée à double visage ?

 

Dix mille fois le jour – n’est-ce pas merveille ?

Il me faut pour de bon mourir, puis renaître,

renaître de même manière extraordinaire».

 

 

 

In Nouveaux poèmes 1930-1934, Editions Allia.