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25/06/2017

POEMES LUS (58) CHARLES DOBZYNSKI

Comme l'air que nous respirons, 
la Poésie nous sera toujours vitale.

Tout est en route, à jamais». 

 Andrée Chedid

 

A PROPOS DE LA BONTE    

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L'auteur et poète né à Varsovie
fut couronné par le Goncourt de la Poésie.
Tout comme Andrée Chedid.

                             

«J’ai longtemps cherché la bonté comme une nappe souterraine

J'ouvrais les cœurs de ceux que j'aimais pour y dérober les graines

Croyant y découvrir le secret de tout ce qui naît

Je rêvais de cette contrée chère à Guillaume Apollinaire

La terre énorme où tout se tait.

Moi je demeurais à l'orée

                                         du cœur humain

                                                           épais et fort comme

                                                                                             les forêts

et dans la machinerie de ses marées

                                          j'écoutais bruire les lendemains.

 

Mais la bonté

                   terrée au fond du coeur

                                                      comme une taupe

échappait à mon emprise;

Etait-ce simplement une lueur

                                                un isotope

                                                                 radioactif ?

 

Elle glissait

                   entre mes doigts cette eau furtive

                                                                        elle se blottissait

dans les terriers secrets du rêve

Et moi chasseur de clarté

Je la voyais fuir dans les yeux

                                                 sur les lèvres

                                                                       de mes amis

sans comprendre cette alchimie.

 

 

J’étais pareil au laveur de pépites

durant le rush

quand toutes les passions se précipitent

dans la Californie des sentiments

je cherchais les paillettes

invisibles – le gisement

de l’or humain.

 

J’étais comme un gamin

qui cherche dans le sable

                      l’empreinte de ses souvenirs

comme un pêcheur qui veut saisir

dans le miroir de l’eau les taches du soleil».

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

* Lettre à Nazim Hikmet in Anthologie poétique de Nazim Hikmet, Ed. Temps actuels, 1984

 

 

 

 

 

 

 

 

 

25/11/2016

PHRASES LUES: DE MICHON A GAUDE ET RILKE

Par-delà les siècles et les continents, 

il arrive que des questions surgissent
au détour d’une page.
Et que des réponses nous éclairent
dans un autre livre. 
Ce fut par bonheur le cas pour moi
ces derniers jours
grâce à Pierre Michon, Laurent Gaudé
et Rainer Maria Rilke.
 

   

«Qu’est-ce qui relance sans fin la littérature ?
Qu’est-ce qui fait écrire les hommes ?

Les autres hommes, leur mère, les étoiles,
ou les vieilles choses énormes, Dieu, la langue ?

Les puissances le savent.
Les puissances de l’air sont ce peu de vent
à travers les feuillages…»

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«Tout ce qui se dépose en nous, année après année,
sans que l’on s’en aperçoive:
des visages qu’on pensait oubliés,
des sensations, des idées que l’on était sûr d’avoir fixées durablement, puis qui disparaissent, reviennent, disparaissent à nouveau,
signe qu’au-delà de la conscience
quelque chose vit en nous
qui nous échappe mais nous transforme,
tout ce qui bouge là,
avance obscurément,
année après année, souverainement,
jusqu’à remonter un jour
et nous saisir d’effroi presque,
parce qu’il devient évident
que le temps a passé et qu’on ne sait pas
s’il sera possible de vivre avec tous ces mots,
toutes ces scènes vécues, éprouvées,
qui finissent par vous charger
comme on le dirait d’un navire.
Peut-être est-ce cela que l’on nomme sagesse…»

 

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«Que ce soit le chant d’une lampe
ou bien la voix de la tempête,
que ce soit le souffle du soir
ou le gémissement de la mer, qui t’environne –
toujours vieille derrière toi
une ample mélodie, tissée de mille voix,
dans laquelle ton solo n’a sa place que de temps à autre.

Savoir à quel moment c’est à toi d’attaquer,
voilà le secret de ta solitude:
tout comme l’art du vrai commerce c’est:
de la hauteur des mots se laisser choir
dans la mélodie une et commune».

 

 

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