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26/04/2018

JACQUES TORNAY: AUTOBIOGRAPHIE POETIQUE

 A la fois écrivain, journaliste et traducteur, 
Jacques Tornay vient de publier
A part entières*, un recueil de poèmes
qui sont autant de réflexions.
Au fil des pages, 
une autobiographie aussitôt s’est dessinée. 
Je vous la livre comme elle s'est imposée à moi.

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Jacques Tornay: 

«Aujourd’hui j’ai décrit en pensée un bol de cerises,

observé une fourmi grimper sur mon avant-bras…» 

 

Photo: SP/JT

 

«Mai arrive en avance. Je n’éprouve plus aucun désert en moi.

et chaque visage que je croise m’en rappelle aussitôt un autre».

*

«Pour la première fois de ma vie j’écoute le bruit de mes pas.

J’ai l’impression d’un autre moi-même qui se déplacerait 

à des antipodes d’où je flâne.

Je continue comme si m’escortait un compagnon de fortune».

*

« Soirs brefs où rien n’a le temps du repos

quelques points de suspensions les jalonnent

qui fusent comme des vélos de course

dans les faubourgs et jusqu’à la Grande Ourse.

 *

«Je ne sais pas ma raison d’être ni de quoi il retourne

et je ne compte sur personne pour me l’apprendre».

* 

Si nous aimions le brouillard au lieu de le maudire

il nous guiderait au lieu de nous égarer. Une légende l’affirme.

L’envers des apparences nous apparaîtrait.

Nous distinguerions la racine des races et le sommet des cimes».

 

 

 

 

 

* A parts entières, poèmes, L’Aire, collection métaphores, dirigée par Xochitl Borel et Arthur Billerey, 63 pages.

17:58 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, Lettres, Monde, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (0) |

18/03/2018

L'OR DU RIEN: VAHE GODEL

 Avec L’Or du rien*,  
Vahé Godel 
 nous offre des textes
qui sont autant de perles précieuses

et aussi un travail de mémoire.
L'écrivain a bien fait
de remonter à ses sources.
 
Son dernier livre est la quintessence de son œuvre.

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 Vahé Godel: poète avant tout.

 

Vahé Godel n’a pas oublié son «heureuse enfance». Ni son père, le linguiste qui «ressuscitait les langues mortes» ni sa mère qui «évoquait l’indicible chemin de l’exil». Et encore moins l’Arménie dont la langue serait née «de la fusion de la terre et du ciel». 
Vahé Godel est imprégné de sa double culture arméno-suisse, ce qui lui a conféré une ouverture à Paris et en Arménie où il est reconnu à juste titre. 
Depuis 1954 déjà, il a publié des récits et des essais, traduit des auteurs arméniens anciens et modernes.
Ce «né poète» vit en osmose avec la nature. Il sait entendre les oiseaux, de la bergeronnette à la mésange, de l’hirondelle au rouge-queue. Surtout, il  vénère les arbres et les fleurs, du frêne-pleureur aux roses trémières. 
A quatre fois vingt ans, il est avant tout Poète, et sait nous transmettre sa flamme avec un enthousiasme juvénile.

«La poésie, c’est l’arche de Noé,
c’est le radeau d’Ulysse,
c’est la barque de Tristan dérivant vers l’Irlande…».

 

Une définition qu'Andrée Chedid, poète que Vahé Godel avait connue, aurait pu signer.

 Mais lisez-écoutez plutôt:

 

PLUS RIEN NE BOUGE…

«Le silence

a la couleur du ciel

on cherche en vain les hirondelles

tout se dilue dans l’air du temps

– seule frissonne

la mélodie des mots».

 

 

  

 

 

* Dans  la nouvelle et très élégante Collection Méthaphores dirigée par Xochitl Borel et Arthur Billerey, 54 p., L'Aire, 2018.

 

Vahé Godel a notamment signé La Poésie arménienne du Ve siècle à nos jours, Anthologie, Paris,
La Différence, 2006.

 

 

18:28 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, Genève, Lettres, Monde, Nature, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (0) |