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26/07/2017

2017: ANNEE KAZANTZAKI

  Nikos Kazantzaki
disparaissait
il y a soixante ans
après une vie entière 
dédiée à la recherche de l'Absolu.


De Alexis Zorba à La Dernière Tentation, de la Lettre au Gréco à Le Pauvre d'Assise,  l’œuvre de cet écrivain et penseur,  traduite en plus de cinquante langues, n’en a pas fini de nous interpeller. A l’instigation de la Société internationale des amis de Nikos Kazantzaki, plusieurs dizaines de manifestations ont déjà commémoré le 60 me anniversaire de sa mort. D’autres seront encore organisées sur tous les continents. L'occasion de relire et méditer ce Géant de la littérature mondiale au message intemporel.

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Sur la placette Kazantzaki, à Antibes.
Nikos et Eleni Kazantzaki vécurent plusieurs années dans cette ville.

Photo: gf

   

ASCESE 

Je vous propose quelques extraits de son essai philosophique

publié pour la première fois en 1927.

 

«Serein et lucide, je contemple le monde et dis : 

Tout ce que je vois, entends, goûte, flaire et touche est création de mon esprit.

 

Dans mon crâne, le soleil se lève et se couche.

A l’une de mes tempes est l’Orient, à l’autre l’Occident.

  

J’interroge, j’interroge encore, je cogne dans les ténèbres : 

Qui nous a plantés sur la terre sans nous en demander la permission ? 

Qui nous a déracinés de cette terre sans nous en demander la permission ?

 

 

Où allons-nous ?

Ne le demande pas. Monte et descends.

Il n’y a pas de commencement, il n’y a pas de fin.

Il n’y a que le moment présent, débordant d’amertume et de douceur,

et je le savoure jusqu’à la lie.

 

 

Je me donne à tout: à l’amour, à la souffrance, à la lutte.

Le monde est, m’apparaît-il, plus vaste que le cerveau, 

et mon coeur est un mystère tout-puissant, ténébreux.

 

 

Je choisis le chemin qui monte. Pourquoi ?

C’est sans logique, sans certitude, car je sais combien sont impuissants,
dans ces moments capitaux, le cerveau et les étroites certitudes de l’homme.

Je choisis le chemin qui monte, parce que c’est vos le haut que me pousse mon coeur.

Plus haut, plus haut, plus haut! crie mon coeur, et je le suis avec confiance.»

 

 

Le rôle de Zorba

Serait-ce aussi grâce à Anthony Quinn, Alexis Zorba fut incontestablement le livre le plus populaire de Kazantzaki. Mais ses nombreux lecteurs savent-ils que Zorba a réellement existé ?
«Si Nikos avait dû choisir un gourou, c’est Zorba qu’il aurait choisi» m’avait confié son épouse, Eleni Kazantzaki*, en 1968 à Genève où elle a résidé jusqu’en 1989. 
Et elle avait précisé: «Zorba, Joseph de son prénom et ouvrier, avant Homère, Bouddha, Nietzsche et Bergson…»

 

 

 

 

 

* In Ascèse, Editions Aux forges de Vulcain. 

** Eleni Kazantzaki s’est éteinte à Athènes en 2004 à l’âge de 101 ans.

 

 

 

25/06/2017

POEMES LUS (59) CHARLES DOBZYNSKI

Comme l'air que nous respirons, 
la Poésie nous sera toujours vitale.

Tout est en route, à jamais». 

 Andrée Chedid

 

A PROPOS DE LA BONTE    

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L'auteur et poète né à Varsovie
fut couronné par le Goncourt de la Poésie.
Tout comme Andrée Chedid.

                             

«J’ai longtemps cherché la bonté comme une nappe souterraine

J'ouvrais les cœurs de ceux que j'aimais pour y dérober les graines

Croyant y découvrir le secret de tout ce qui naît

Je rêvais de cette contrée chère à Guillaume Apollinaire

La terre énorme où tout se tait.

Moi je demeurais à l'orée

                                         du cœur humain

                                                           épais et fort comme

                                                                                             les forêts

et dans la machinerie de ses marées

                                          j'écoutais bruire les lendemains.

 

Mais la bonté

                   terrée au fond du coeur

                                                      comme une taupe

échappait à mon emprise;

Etait-ce simplement une lueur

                                                un isotope

                                                                 radioactif ?

 

Elle glissait

                   entre mes doigts cette eau furtive

                                                                        elle se blottissait

dans les terriers secrets du rêve

Et moi chasseur de clarté

Je la voyais fuir dans les yeux

                                                 sur les lèvres

                                                                       de mes amis

sans comprendre cette alchimie.

 

 

J’étais pareil au laveur de pépites

durant le rush

quand toutes les passions se précipitent

dans la Californie des sentiments

je cherchais les paillettes

invisibles – le gisement

de l’or humain.

 

J’étais comme un gamin

qui cherche dans le sable

                      l’empreinte de ses souvenirs

comme un pêcheur qui veut saisir

dans le miroir de l’eau les taches du soleil».

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

* Lettre à Nazim Hikmet in Anthologie poétique de Nazim Hikmet, Ed. Temps actuels, 1984