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11/03/2018

PHRASES RETENUES (9) LOUIS ANTOINE CHEDID

D'un livre à l'autre, 
des phrases m'agrippent, 
me hantent, me poursuivent.
Ou me questionnent...
Comme ces lignes de Louis Antoine Chedid,
publiées à Lausanne en 2002.
Emanant d'un esprit curieux et visionnaire,
 elles 
préfiguraient l'ère de l'intelligence artificielle
et du tout numérique.
Mais le scientifique et littéraire se demandait:
«Saurons-nous encore grimper dans les nuages?»

 

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 Louis Antoine Chedid 
lors de la sortie de presse de BABEL, fable ou métaphore.


Photo: R. Bettex

 

«L’ordinateur deviendra-t-il le deuxième Messie, le Paraclet ou l’Antéchrist annoncé dans les différents livres sacrés et attendus depuis des millénaires par les diverses religions ?

Pris dans la nasse de ce merveilleux jouet, serons-nous détournés à jamais de la turbulence originelle du mot? Le mot, ces objet le plus concret, le plus dur, le plus fertile de toute la Nature ?

Perdrons-nous la mémoire du chemin qu’empruntaient nos ancêtres pour descendre dans les plus profondes grottes à la recherche des esprits ?
Et que deviendront les baignades oniriques dans la nappe phréatique de l’inconscient universel ?

Saurons-nous encore grimper dans les nuages ?»

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Dans cet ouvrage co-écrit avec son épouse, Andrée, 
l'ex-professeur honoraire de l'Institut Pasteur
 fit œuvre de précurseur.

 

Un ouvrage à deux voix 

BABEL se compose de deux récits: une fable et une métaphore.
Dans le premier, Andrée Chedid nous fait entendre la voix d’Aél, une Babylonienne contemporaine de la Tour et ensuite celle d’une femme d’aujourd’hui, Léa, qui s’interroge sur la réalité de ce discours.
Dans le second récit, Louis Antoine Chedid se demande si Babel ne serait pas une métaphore. Une métaphore riche de sens qui questionnerait à la fois notre vision du Divin, notre compréhension du langage et même le pouvoir de l’ordinateur.
Regards, approches différents, parfois opposés, sont librement traités en ces deux récits.

 

 

* In BABEL, Fable ou métaphore, Andrée Chedid et Louis Antoine Chedid, 62 p, 2002, Editions Z, Lausanne. 

http://editionz.ch

 

18/02/2018

PHRASES RETENUES (8) MARINA TSVETAÏEVA

 D'un livre à l'autre, 
des phrases m'agrippent, 
me hantent, me poursuivent.
Pour leur beauté, pour leur sens...
Comment oublier Marina Tsvetaïeva?
La poète aurait pu connaître un autre destin
si elle n'était pas rentrée en URSS
afin d'y retrouver ses proches.
C'était en 1939...
 

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«Je suis sans âge et sans visage...»

Proche de Pasternak et d'Ossip Mandelstam,
elle fut l'un des plus grand poètes russes.

 

Photo: Mediapoetry Foundation 

 

«Je suis exclue de naissance du cercle des humains,

de la société.

Il n’y a pas derrière moi de mur vivant,

– il y a un roc: le Destin.

Je vis, observant ma vie – toute la vie – la Vie! –  

Je suis sans âge et sans visage.

Peut-être suis-je la Vie même. 

Je ne crains pas la vieillesse, 

je ne crains pas le ridicule, je ne crains pas la misère –

l’hostilité – la médisance.

Sous mon enveloppe de gaîté et de feu, 

je suis pierre, c’est-à-dire invulnérable».

 

 

* In: Vivre dans le feu, confessions, présentation Tzvetan Todorov, 
Le Livre de poche, Biblio.

  

Une nouveauté 

Le dernier Monde des livres (16 février) nous signale, sous la plume de Céline Minard,  la première traduction française de Le charmeur de rats, dont le premier lecteur fut Boris PasternakCette satire lyrique a été traduite par Eveline Amoursky et  vient de paraître en édition bilingue, La Barque, 176 p.

www.labarque.fr/livres16.html