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04/11/2018

PHRASES RETENUES (10) Laurent Gaudé

D'un livre à l'autre, 
des phrases m'agrippent, 
me hantent, me poursuivent.
Ou me questionnent...
Comme ces lignes de Laurent Gaudé
 à propos d'une ville qui fut presque mienne 

et qui aujourd'hui, me terrifie, de loin.

 

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«Il aime cette ville plus que toute autre, sa violence épaisse, vieille comme une vendetta des montagnes, sa nervosité dans les rues de Hamra et son calme majestueux, le matin, sur les restaurants de la Corniche où l’on peut prendre le petit-déjeuner face à la mer. Il aime cette ville qui hésite sans cesse, ne sachant si elle doit tout raser pour se reconstruire ou tout conserver pour que les blessures du passé soient visibles et servent de leçon aux générations à venir, qui hésite toujours et ne choisit jamais car avant qu’elle n’ait le temps de le faire, elle est reprise par ses démons et se mord à nouveau avec voracité, saigne et se met en lambeaux.

 

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Il aime cette ville parce que le monde entier est là, les Druzes, les Kurdes, les Palestiniens, les Arméniens, ceux qui reviennent au pays une fois l’an pour revoir leur vieille mère… , et qui parlent toutes les langues car cela fait longtemps que le monde est aux Libanais, eux qui se déchirent leur terre mais parcourent les mers, fils de Phéniciens…»

 

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Photos de Beyrouth: Gilberte Favre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Écoutez nos défaites, 2016, Editions Actes Sud.

 

 

 

 

15:24 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, Images, Lettres, Monde, Nature, Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/06/2018

POESIE: LE SOUFFLE D'EMELINE CARMENT

Comme l'air que nous respirons, 
la Poésie nous sera toujours vitale.
 

Elle l'est pour la jeune Française Emeline Carment* 
qui, de la Bourgogne natale à l'Andalousie,
du Liban, à Cuba en passant par Gaza
et Marseille, 
écrit comme elle respire.  

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Professeur de Lettres, Emeline Carment écrit, photographie et danse,
le regard et le cœur toujours grand ouverts sur l'humanité.

 

NOUS... 

«Nous, enfants prodigues d’un dieu dispersé aux quatre vents. 

Nous, perdus à l’horizon d’une fin

que d’improbables rendez-vous frictionnent. 

Nous, inconsolés quand la grande dame noire

couvre son visage de nuit. 

Nous, haletants, insatiables, fiévreux,

quand le désir carillonne en nous

et nous pousse hors de nos limites. 

Nous, nous, qui avons faim et froid, qui avons soif et peur, 

nous qui avons les mers et les voyages,

qui avons la peau décharnée 

et les cales remplies de joyaux qui nourrissent un temps.

Nous, d’amour et de baisers, couverts ou aspirants. 

Nous, que la fatigue et l’ennui n’étranglent pas

ou surprennent entre deux chemins triomphants. 

Nous qui poursuivons, après combien de lunes fracassées ?

Nous sommes à la fois magiques et monstrueux. 

Un drame se joue dans le Ciel,

la rencontre passionnelle du Jour et de la Nuit.»

 

 

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La rencontre passionnelle du jour et de la nuit
photographiée sous le ciel de Bourgogne.

 

Photo: Emeline Carment. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

* In Entre 2 Rives N°13,  Revue poétique internationale; Thème du N° 13 : Souffle poétique, par Passerelles Extra-Muros.

https://fr.calameo.com/books/0040657991a405e7a5eff

 

 

11:46 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, France, Lettres, Monde, Nature, Société - People, Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) |