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18/03/2018

L'OR DU RIEN: VAHE GODEL

 Avec L’Or du rien*,  
Vahé Godel 
 nous offre des textes
qui sont autant de perles précieuses

et aussi un travail de mémoire.
L'écrivain a bien fait
de remonter à ses sources.
 
Son dernier livre est la quintessence de son œuvre.

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 Vahé Godel: poète avant tout.

 

Vahé Godel n’a pas oublié son «heureuse enfance». Ni son père, le linguiste qui «ressuscitait les langues mortes» ni sa mère qui «évoquait l’indicible chemin de l’exil». Et encore moins l’Arménie dont la langue serait née «de la fusion de la terre et du ciel». 
Vahé Godel est imprégné de sa double culture arméno-suisse, ce qui lui a conféré une ouverture à Paris et en Arménie où il est reconnu à juste titre. 
Depuis 1954 déjà, il a publié des récits et des essais, traduit des auteurs arméniens anciens et modernes.
Ce «né poète» vit en osmose avec la nature. Il sait entendre les oiseaux, de la bergeronnette à la mésange, de l’hirondelle au rouge-queue. Surtout, il  vénère les arbres et les fleurs, du frêne-pleureur aux roses trémières. 
A quatre fois vingt ans, il est avant tout Poète, et sait nous transmettre sa flamme avec un enthousiasme juvénile.

«La poésie, c’est l’arche de Noé,
c’est le radeau d’Ulysse,
c’est la barque de Tristan dérivant vers l’Irlande…».

 

Une définition qu'Andrée Chedid, poète que Vahé Godel avait connue, aurait pu signer.

 Mais lisez-écoutez plutôt:

 

PLUS RIEN NE BOUGE…

«Le silence

a la couleur du ciel

on cherche en vain les hirondelles

tout se dilue dans l’air du temps

– seule frissonne

la mélodie des mots».

 

 

  

 

 

* Dans  la nouvelle et très élégante Collection Méthaphores dirigée par Xochitl Borel et Arthur Billerey, 54 p., L'Aire, 2018.

 

Vahé Godel a notamment signé La Poésie arménienne du Ve siècle à nos jours, Anthologie, Paris,
La Différence, 2006.

 

 

18:28 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, Genève, Lettres, Monde, Nature, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (0) |

11/03/2018

PHRASES RETENUES (9) LOUIS ANTOINE CHEDID

D'un livre à l'autre, 
des phrases m'agrippent, 
me hantent, me poursuivent.
Ou me questionnent...
Comme ces lignes de Louis Antoine Chedid,
publiées à Lausanne en 2002.
Emanant d'un esprit curieux et visionnaire,
 elles 
préfiguraient l'ère de l'intelligence artificielle
et du tout numérique.
Mais le scientifique et littéraire se demandait:
«Saurons-nous encore grimper dans les nuages?»

 

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 Louis Antoine Chedid 
lors de la sortie de presse de BABEL, fable ou métaphore.


Photo: R. Bettex

 

«L’ordinateur deviendra-t-il le deuxième Messie, le Paraclet ou l’Antéchrist annoncé dans les différents livres sacrés et attendus depuis des millénaires par les diverses religions ?

Pris dans la nasse de ce merveilleux jouet, serons-nous détournés à jamais de la turbulence originelle du mot? Le mot, ces objet le plus concret, le plus dur, le plus fertile de toute la Nature ?

Perdrons-nous la mémoire du chemin qu’empruntaient nos ancêtres pour descendre dans les plus profondes grottes à la recherche des esprits ?
Et que deviendront les baignades oniriques dans la nappe phréatique de l’inconscient universel ?

Saurons-nous encore grimper dans les nuages ?»

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Dans cet ouvrage co-écrit avec son épouse, Andrée, 
l'ex-professeur honoraire de l'Institut Pasteur
 fit œuvre de précurseur.

 

Un ouvrage à deux voix 

BABEL se compose de deux récits: une fable et une métaphore.
Dans le premier, Andrée Chedid nous fait entendre la voix d’Aél, une Babylonienne contemporaine de la Tour et ensuite celle d’une femme d’aujourd’hui, Léa, qui s’interroge sur la réalité de ce discours.
Dans le second récit, Louis Antoine Chedid se demande si Babel ne serait pas une métaphore. Une métaphore riche de sens qui questionnerait à la fois notre vision du Divin, notre compréhension du langage et même le pouvoir de l’ordinateur.
Regards, approches différents, parfois opposés, sont librement traités en ces deux récits.

 

 

* In BABEL, Fable ou métaphore, Andrée Chedid et Louis Antoine Chedid, 62 p, 2002, Editions Z, Lausanne. 

http://editionz.ch