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24/12/2018

LE REGARD DE BERTIL GALLAND SUR ICI...

Après nous avoir emmenés,
des
Pôles magnétiques aux régions cardinales 
(les Etats-Unis et la Chine), puis sur les chemins
de la poésie
et de la littérature romande, 
sans oublier au royaume
des choses, des langues et des bêtes,  
Bertil Galland nous avait passionnés avec 
L'Europe des surprises.
Cette fin d'année 2018, 
voici que l'écrivain-éditeur
et grand reporter nous offre le huitième tome
de son autobiographie originale: Destins d'ici.* 

Nous en redemandons.
 

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Habité par la poésie, le regard de Bertil Galland
est grand ouvert sur le monde. 
  

 

On  apprend beaucoup (non seulement sur la politique vaudoise, suisse, européenne et sur les médias) en lisant Destins d'ici.  Fidèle en amitié, Galland l'a dédié à ses amis le photographe Marcel Imsand et  l'ethnologue Paul Hugger.

L'humanité en toile de fond

Ce livre-là, atypique par sa forme, est d'abord «un salut» au Chappaz d'A rire et à mourir. Au chapitre de la poésie et de la tendresse, tout est dit. Bertil Galland l'a écrit à la manière de Kokoscha («sautillant autour de l'homme qu'il peint») et en écoutant Mahler. 
Le premier récit de Trois histoires pour pénétrer en Suisse m'a rappelé Le malentendu de Camus. L'on  y voit un père,  Jacob Vallotton, planter une lime rougie au feu dans l'oeil de son fils qui le guignait à travers un judas, le malheureux. Un fait divers devient tragédie. 
Erudit, Galland n'est jamais pédant et la sobriété de sa tendresse ne l'empêche pas d'exister. 
A  propos de Jean et Marie-Thérèse Ceppi, de Lutry, Galland cite ces mots révélateurs jetés par Jean sur un papier: «Trop courte fut l'allégresse de votre enfance».

Quelques pages plus loin, c'est Frida, «la petite maman de la grande famille Chevallaz» qui surgit au Pays d'Enhaut, avec son énergie et son franc-parler. La mère de Madeline l'impétueuse et d'un Georges-André parfois colérique et qui «aimait les enfants».

Des politiques aux médias

Des turbulences politiciennes émanant de tous bords, Galland passe aux médias. Qui était mieux placé que lui pour évoquer la presse ? Durant vingt-six ans, il fut grand reporter à 24 Heures, le quotidien vaudois pour lequel il parcourut la planète, de l'Amérique au Cambodge, de la Chine au Moyen-Orient, interviewant les grands de ce monde comme les plus humbles. Puis durant sept ans, il vécut de l'intérieur les débuts et la fin du Nouveau Quotidien. Aucun ressentiment dans ces pages qui évoquent des succès et des échecs dus aux éditeurs de temps nouveaux et à une nouvelle catégorie de lecteurs plus «addicts» à leur téléphone portable qu'au papier. Dont acte. 

Le Prince des arts

Pour notre bonheur, Bertil Galland évoque l'époque des pionniers à la Radio suisse romande et à la TSR. Des noms, des voix, des regards resurgissent: Benjamin Romieux, Jean-Pierre Moulin (avec père, soeur, beau-frère et fils...), Jean-Pierre Goretta (et «Les sentiers du monde»), René Payot. Tous étaient écoutés au-delà des frontières suisses et Claude Torracinta est resté jusqu'à ce jour, avec notamment Temps présent, l'honneur de la TSR.
Galland nous rappelle la fameuse traversée de la Suisse à ski avec la complicité de la Radio romande, de Paul Hugger, Chappaz, Marcel Imsand et Maurice Baquet et d'autres, artistes et journalistes, que les auteurs suivaient fiévreusement jour après jour.

Et puis voici qu'un enfant d'Aubonne émerge aussi rayonnant qu'un Gérard Philippe. Un Prince que Bertil Galland nomme «arbitre des arts». Il a fondé rien de moins que La Gazette littéraire (comme Walter Weideli La Semaine littéraire du Journal de Genève) avant de créer et diriger le Théâtre de Vidy. Diane fut sa Fée. Tous deux, les auteurs et artistes français les admiraient. Frank et son épouse furent  d'ailleurs immortalisés  dans l'œuvre de Corinna Bille et par Edgar Morin.

Adieu au XX me siècle

Dans le dernier chapitre de son livre, Galland nous révèle  une personnalité étonnante, plutôt méconnue en Suisse romande: Jean-Rodolphe de Salis qui fut l'une des voix de la Suisse durant la Deuxième Guerre mondiale. Ce pianiste et professeur d'histoire, ex-président de Pro Helvetia fut un proche d'Elias Canetti, entre autres grands écrivains.
Autant dire qu'avec Destins d'ici, Bertil Galland nous emmène bien au-delà d'ici... D'ailleurs, nous aimerions bien en sa compagnie aller plus loin encore. Un neuvième tome peut-être nous éclairerait quant à l'avenir de la Suisse, du monde, de l'humanité. Car en ce siècle de régression culturelle et morale, nous sommes en quête de repères...

 

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* Editions Slatkine,   www. slatkine.com/fr

Les livres de Bertil Galland sont tous disponibles dans les bonnes librairies. 

 

 

 

 

 

18:27 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, Lettres, Médias, Monde, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/11/2018

POEMES CHOISIS (62) NAZIM HIKMET

Comme l'air que nous respirons, 
la Poésie nous sera toujours vitale.
Au fil des jours et des saisons, 
voici des textes qui nous semblent répondre
aux interrogations du vingt-et-unième siècle 
et  à notre humaine condition. 

 

IL NEIGE DANS LA NUIT... 

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 Tendresse et fraternité après avoir enduré tortures et prison.

 

«Le plus beau des océans

est celui que l’on n’a pas encore traversé.

Le plus beau des enfants

n’a pas encore grandi.

Les plus beaux de nos jours

sont ceux que nous n’avons pas encore vécus».

 

 

 

In Il neige dans la nuit et autres poèmes, Poésie/Gallimard (préface de Claude Roy).