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07/03/2020

PHRASES RETENUES (16) ADRIEN GYGAX

D'un livre à l'autre, des phrases m'agrippent, me hantent
et me poursuivent.
Ainsi ces lignes extraites du premier roman d'Adrien Gygax 
Aux noces de nos petites vertus où fiction et réalité se confondent
comme dans beaucoup de dits «romans». 
C'est pour l'enchantement du lecteur.
Agé de trente-et-un ans à peine, cet écrivain vaudois se distingue
par l'originalité de son écriture et sa profondeur.
Chez lui,  humour et tendresse cohabitent harmonieusement.

J'ai aimé le regard qu'Adrien Gygax pose sur le monde
et sur les humains.
Assurément, un grand écrivain est né.

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«Les yeux des hommes sont faits pour regarder le ciel et croire à tout,
ce sont des yeux d’enfants qu’il a, l’homme».

 

Copyright photo: J. de Cossonay.

 

Aux noces de nos petites vertus

«Le grand théâtre de la vie ne s’arrête jamais, tournez petites troupes, tournez puis mourez, de décors en décors, de comédies en tragédies.

Tournez avec le vent, ce sourd immense aux ailes infinies, envolez-vous au ciel, au paradis ou en enfer, où vous voudrez, comme vous voudrez, rien n’arrête le vent. 

On les épiera depuis les nuages, les prochains, ces miséreux, ces tricoteurs de foi, on pourra mettre les masques de leurs dieux pour les effrayer, pour les amuser, pour qu’ils ne meurent pas trop vite.

Ça meurt toujours trop vite un homme sans Dieu, un désespéré, un vagabond. Les yeux des hommes sont faits pour regarder le ciel et croire à tout, ce sont des yeux d’enfants qu’il a, l’homme».

 

 

 

* In Aux noces de nos petites vertus, roman, Editions Cherche Midi (2017).

Vient de paraître, chez Grasset, le roman Se réjouir de la fin. 

16:02 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, Fiction, Lettres, Monde, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/02/2020

PHRASES RETENUES (15) Amin Maalouf

D'un livre à l'autre, des phrases m'agrippent, me hantent
et me poursuivent. 
C'est le cas du dernier essai d'Amin Maalouf
dont
 Les identités meurtrières, 
nous avait déjà interpellés.
Avec Le naufrage des civilisations*,
l'académicien français d'origine libanaise, 
nous éclaire sur les dérives du Monde
depuis plusieurs décennies.
Mais il ne baisse pas les bras pour autant.

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Le romancier et l'essayiste Amin Maalouf est lucide et confiant malgré tout.

Photo: balenfrançais

 

Le naufrage des civilisations

«En agitant, comme je l’ai fait dans ce livre, le spectre d’un naufrage imminent, n’ai-je pas pris le risque de désespérer ceux qui me liraient ? Mon intention n’était sûrement pas de prêcher le découragement, mais il est du devoir de chacun, dans les circonstances si graves que nous traversons en ce siècle, de demeurer lucide, sincère, et digne de confiance.

Quand, pour calmer les frayeurs de ses contemporains, on choisit de nier la réalité des périls et de sous-estimer la férocité du monde, on court le risque d’être très vite démenti par les faits.

Si les routes de l’avenir sont semées d’embûches, la pire conduite serait d’avancer les yeux fermés en marmonnant que tout ira bien.

Je suis persuadé, d’ailleurs, qu’un sursaut demeure possible. Il m’est difficile de croire que l’humanité se résignera docilement à l’anéantissement de tout ce qu’elle a construit».

* Editions Grasset, 330 p.

18:43 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, France, Histoire, Lettres, Monde, Politique, Solidarité, Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) |