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31/05/2016

POEMES CHOISIS (55) LAURENCE VERREY

Comme l'air que nous respirons, 
la Poésie nous sera toujours vitale.
Au fil des jours et des saisons, 
voici des textes qui nous semblent répondre
aux interrogations du vingt-et-unième siècle 
et  à notre humaine condition.

 

«Rien, en poésie, ne s'achève.

Tout est en route, à jamais». 

 

Andrée Chedid

 

 

 

LA BEAUTE COMME UNE TRÊVE

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Si Laurence Verrey est très lucide quant à notre monde,

 la beauté découverte à l'enfance l'empêche de désespérer.

 

Photo: SP L.V.

 

 

«Un jour très précis de l’enfance,

m’est venue la révélation de la beauté.

A quel âge exactement, sept ou huit ans peut-être.

C’était un jour d’été, petite fille et son père en compagnie.

Un jour limpide, et la scène elle-même d’une grande simplicité.

Nous roulions en voiture.

J’ai vu soudain s’inscrire au cœur des champs jaunes –

c’était le temps des moissons – de la campagne vaudoise,

le bleu lointain du lac Léman.

Comme monter d’une absence, se mettre à vibrer bleu,

venir à l’existence.

Le mouvement du paysage créant une émotion, 

le lac venant à la rencontre.

J’ai pensé: C’est la beauté. C’est ça la beauté.

Un mot devenu vivant. Gravé vivant. La beauté advenue…»

 

 

Editions de L’Aire, 83 pages.

 

04/05/2016

SYLVIE BLONDEL: PREMIER ROMAN

Ce que révèle la nuit* 

Le premier roman de Sylvie Blondel 
a d’abord un accent mozartien.
Et ce n'est pas seulement pour la musique des mots. 
Que d'affinités entre Jean-Philippe Loÿs et Wolfgang Amadeus! 
Tous deux furent arrachés à la vie à 
l'âge de trente-trois 
et trente-cinq ans.
Ce n'est pas un âge pour mourir...
 

Le personnage central de ce livre, l’astronome Jean-Philippe Loÿs de Cheseaux, né dans le Pays de Vaud en 1718, décédé à Paris à l’âge de 33 ans, a d’incontestables affinités avec Wolfgang Amadeus Mozart, qui s'est éteint à l’âge de 35 ans. Tous deux furent des génies précocement arrachés à la vie. Tous deux, par leur quête dans l'univers du ciel et de la musique, tentèrent d’accéder à l’Absolu. Tous deux furent rattrapés par la maladie et les angoisses. Leur fin à tous deux fut interminablement douloureuse.

 

Un astronome illustre et méconnu

La littérature, qu'elle a enseignée de longues années avant de se mettre à l'écriture**, est le biotope de Sylvie Blondel.

Pour l'auteure vaudoise, le déclic de ce premier roman fut la révélation d'un destin. Il s'appelle Philippe Loÿs de Cheseaux. Cet astronome plutôt ignoré en Suisse bénéficia d’un prestige international. Il fut en effet l’un des plus grands scientifiques de l’époque. Ses pairs des Académies de Paris et Saint-Pétersbourg, de Göttingen et de Stockholm, sans oublier ceux de la Royal Society de Londres l'avaient d'emblée reconnu. 
Par souci de précision, Sylvie Blondel a questionné d’éminents astronomes. Mais elle n’a pas seulement voulu rendre justice à celui qui a découvert la Grande Comète de 1774, dite Comète de Cheseaux. Pour elle, l'itinéraire tortueux de ce scientifique n'est qu'un prétexte à une méditation sur le sens de la vie.

 

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Sylvie Blondel a signé un ambitieux premier roman.

Photo: Philippe Pache

 

Un double contemporain

L'astronome n'est pas seul à captiver le lecteur. Ce que révèle la nuit est aussi habité par un autre personnage: Hector Lenoir. Cet homme d’aujourd’hui pourrait ressembler à Sylvie Blondel car il est tout aussi intrigué qu’elle par Jean-Philippe Loÿs de Cheseaux. Et il a le temps d'y songer. Sa femme vient de l'abandonner abruptement. Il décide aussitôt d’écrire un roman sur le scientifique et de revisiter sa trajectoire.

Depuis le temps, où tout petit, il voulait approcher les étoiles, Hector est fasciné par le mystère qui se cache derrière la nuit et surtout par les étoiles.

En ce temps-là on lui avait dit que les étoiles ne sont rien d’autre que les «apparences des âmes défuntes» et que leur vocation est de protéger les vivants.

Ce que révèle la nuit nous interroge sur un thème intemporel. Tant qu’il y aura des étoiles, nos questions quant à l’Au-delà seront sans fin.

Situé aux frontières de la poésie et du roman scientifique, le livre de Sylvie Blondel n'est pas dénué de suspense. Et ses nuits étoilées sont porteuses de lumière plus que d’obscurités...

 

 

 

 

 

 

Ce que révèle la nuit, roman, Pearlbooksedition, 150 pages.

* Le Fil de soie, nouvelles, Editions de L'Aire, 2010.