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30/11/2015

SARREYER: DES ENFANTS SOLIDAIRES DES ENFANTS

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La chaîne de l'amitié fait la ronde autour du monde» disait l'ami poète Claude Roy. 
Il n'avait pas tort...Lisez plutôt!
Le 28 octobre, à Beyrouth, la jeune Jacinthe Khalifé m'accompagnait lors de la soirée poétique dédiée à Marwan Hamadé au Salon du livre francophone sous l'égide de l'Ambassade de Suisse au Liban.
Dimanche 6 décembre, à Sarreyer*, c'est son jeune frère Louis-Justin qui jouera avec les enfants du Petit Atelier de Sarreyer. L'an dernier, le trompettiste était déjà de la Farandole poético-musicale (au pays de Prévert, René de Obaldia, Topor...) organisée  au profit de L'Arche de Noël.

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A douze ans, Louis-Justin Khalifé est déjà membre de l'Orchestre des jeunes
du Conservatoire de Sion. Et de plusieurs fanfares du Val d'Hérens.
Sa sœur aînée, Aliénor, est pianiste...

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Pas encore costumés comme ils le seront le 6 décembre...
Devant la Montagne Verte dessinée par Sophie Bender, au premier rang, de gauche à droite:
Ysaline, Dylan, Noé; au deuxième rang, Arthur et Yannick.
Au sommet de la Montagne, de gauche à droite: Loris, Maïlys et Nyima.

Photo: Y. Bender

 

Cette année, c'est à la demande des enfants que j'ai écrit cette piécette sur mesure à leur intention. Yannick tenait à jouer le rôle d'un guide, comme son papa. 
Je connaissais les dons de magicien de son frère, grand observateur de la nature.
Un petit musicien était disposé à abandonner son accordéon pour tenter l'expérience d'ingénieur forestier. Une fillette avouait son amour inconditionnel des fleurs.
Il se trouve que la forêt est mon biotope et que j'aime aussi le désert où mon guide touareg, père d'un petit garçon, s'appelait Matali. Et pourquoi ne pas imaginer que son fils serait venu découvrir une montagne verte, et non pas grise ou ocre ?

La petite pièce s'est écrite quasiment toute seule. Il m'a suffi d'ouvrir les yeux...
Le petit voisin aux yeux remplis de lumière s'est imposé pour devenir Le Petit Prince du désert et une rêveuse aux yeux couleur de myosotis était destinée à devenir ce qu'elle est, peut-être, la Fée de la Forêt... Pour sa part, son jeune frère voulait mordicus se métamorphoser en animal. Il sera un écureuil bondissant.

Un poème d'Andrée Chedid**  traverse de part en part le voyage initiatique de Matali au Pays de la Montagne Verte. Un message de tolérance à diffuser sans modération:

«Toi,

qui que tu sois

je te suis plus proche

qu'étranger»

 

Le spectacle sera suivi par l'apparition d'un invité-surprise qui fera la joie des enfants sans oublier les adultes.

L'entrée est gratuiteChapeau à la sortie pour Les Pinceaux Magiques, association qui vient égayer le quotidien des enfants gravement malades.

 

POUR TOUT VOUR DIRE...

LE PETIT ATELIER DE SARREYER est né dans la mezzanine de notre chalet où des enfants aiment venir écouter contes, récits, musique et moi, les leur dire... Un premier spectacle eut lieu en 2012, lors du centenaire de Corinna Bille, avec Le Mystère du monstre dont la recette fut affectée à La Parenthèse. Notre initiative est totalement bénévole et ne reçoit aucune subvention. Ce sont les parents des enfants qui appuient activement notre démarche. Au fil des ans, le spectacle du Petit Atelier de Sarreyer est devenu une Aventure collective.

Pour tout vous dire, l'écriture et la mise en scène de mes premières piécettes de théâtre remonte à l'époque où j'étais monitrice de colonie de vacances et je les ai aussi rédigées «sur mesure». Plus tard, j'avais dix-huit ans quand ma pièce a représenté l'Institut St Joseph de Monthey à l'Exposition Nationale de Lausanne, en 1964. L'expérience m'avait valu la dénomination, dans les colonnes de l'ex-Feuille d'Avis du Valais, «d'écrivain en herbe»... Depuis, l'herbe a poussé mais je ne suis pas devenue auteur dramatique et je ne le serai jamais. Il faut savoir raison garder... D'autres champs littéraires m'ont retenue à jamais et la démarche du Petit Atelier de Sarreyer s'accomplit dans l'enthousiasme et sans prétention mais avec le souci d'aider les autres enfants.

 

* Accès:  En voiture: Aller jusqu'au Châble. Route jusqu'à Lourtier. A gauche, prendre la route de Sarreyer. Utiliser les parkings publics. 

Transports publics: Train jusqu'au Châble. Bus jusqu'à Lourtier puis Sarreyer (sur demande le dimanche).

* Andrée Chedid est venue à plusieurs reprises à Sarreyer, qu'elle aimait beaucoup, et où elle a d'ailleurs fait la connaissance de Maurice Chappaz. 

 

06/07/2015

AU PAYS DE L'ENFANCE «MODERNE» ET ETERNELLE

Qu'en est-il de l'enfance dans nos pays dits «civilisés»?

Leur esprit d'émerveillement se serait-il totalement volatilisé,
écrasé par l'omniprésence des ordinateurs ?

A voir, à lire et à entendre!

 

Tout récemment*, Matthieu Riccard nous faisait part de son inquiétude.

«Lors d’une promenade dans la campagne française, un ami me disait : « Autrefois, à la saison des cerises, nous étions tous dans les arbres à nous régaler. Maintenant, les cerises restent sur les branches. Les enfants d’aujourd’hui ne grimpent plus aux arbres.  Ils sont généralement devant leurs ordinateurs. »

 

Et le fils du philosophe Jean-François Revel, devenu moine bouddhiste et  interprète du Dalaï-Lama, de nous apprendre que les enfants d’aujourd’hui joueraient «dix fois moins ensemble, dans les lieux publics, la rue notamment, qu’il y a trente ans». 

Le docteur en génétique cellulaire se base sur des études scientifiques pour affirmer que «le contact avec la nature se limite souvent à une image de fond d’écran d’ordinateur» et que « les jeux sont de plus en plus solitaires, virtuellement violents, dénués de beauté, d’émerveillement, d’esprit de camaraderie et de satisfactions simples». 

 

L’agriculteur et philosophe Pierre Rabhi partage ce constat:

«On voit s'ériger des générations d'enfants qui faute d'un éveil à la vie, sont réduits à n'être que des consommateurs insatiables, blasés et tristes».

 

Ces observations reposent sur une réalité à déplorer. Que deviendra un monde où les enfants ne sauraient plus jouer ensemble ?

Et une planète qui laisse ses fruits pourrir sur les arbres tandis que vingt mille enfants, au moins, meurent chaque jour de faim ?

 

Du goût des cerises...

En ce qui me concerne, une cueillette de cerises «sur l'arbre» dans un jardin genevois figure parmi mes plus lumineux souvenirs d’enfance. 

Des années plus tard, dans la campagne de Bussigny, les cerises de l’arbre que nous avions loué à un agriculteur avaient gardé le même goût.

Serait-ce dû à la première cueillette de cerises sur l’arbre, j'ai gardé jusqu’à ce jour la passion irrémédiable des cerises – des bigarreaux bien croquants et dodus – que je croque avec délice de l’Italie à la Provence, partout où le soleil les a couverts d’affection.

Dans mon village de la montagne suisse, mes petits voisins sont tristes parce que le cerisier de leur grand-mère est «malade». Il ne donne plus de cerises. 

Mais il leur reste par bonheur fraises, framboises et salades à voir grandir et à cueillir.  

Ces enfants-là fabriquent des cannes à pêche avec des bouts de bois et des ficelles. Ils créent des herbiers et des mosaïques naturelles, veillent sur leurs chats, rendent visite à l'agneau nouveau-né du voisin.

S’ils savent aussi utiliser un ordinateur, ils prennent le temps de regarder les étoiles, d’observer les fourmis et de dialoguer avec leur entourage.

 

J’ai bien de la chance de les avoir pour voisins.

Suis-je restée une enfant, je ne me lasse pas de les observer ni de jouer avec eux, parfois, car il ne faudrait pas trop les déranger, serait-ce dans les rires, avec des livres et des poèmes aussi...

 

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Dans mon petit village, les enfants savent aussi regarder les couchers de soleil (ici sur Les Dents-du-Midi) et les nuages...

 

photo: gf

 

Les enfants seuls

 

Sobrement intitulé Les enfants seuls**, le premier livre de Céline Cerny déborde de tendresse et de poésie. La jeune maman auteur et chercheuse en littérature connaît bien l’univers de l’enfance. Elle est la maman de Clara et Merlin, à qui elle a dédié son recueil.

De Lisa à Dolorès, de Léon à Tony, Céline Cerny a su faire parler une vingtaine d’enfants «seuls». Elle a d’abord pris le temps de les écouter avec respect et empathie. Ce que nous disent ces enfants mérite d’être entendu.

 

«J’aime courir vers les clairières et recevoir la chaleur du soleil. J’aime croire que je me suis aventurée si loin que plus personne ne se doute de mon existence…» a dit Joëlle à Céline tout en poursuivant: «Il faudrait arrêter de se laver, pour garder sur la peau la saveur du soleil».

Quant à Lucie, qui rêve d’être cosmonaute depuis que son grand frère l’a initiée à l’univers des étoiles, elle se pose bien des questions le soir, sous ses couvertures: «J’ai bien compris le fonctionnement du système solaire, il y a d’autres planètes et d’autres galaxies. Je tente aussi d’imaginer ce qu’est un trou noir, une densité sombre et silencieuse dans laquelle tout disparaît. 

Oui, mais après, il y a quoi ? après, encore bien plus loin que tout ça, il y a quoi?»

 

Il y a quoi ?

Vous l'aurez saisi. Mystères, joies, tristesses et rêves cohabitent à chaque page de ce précieux petit livre.

 

 

* Blog de Matthieu Riccard:  www.matthieuricard.org

 

** Les enfants seuls, Editions d’Autre part, 132 pages.

 

 

www.dautrepart.ch