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25/12/2017

PHRASES RETENUES (3) CHRISTIAN BOBIN

 D'un livre à l'autre, 
des phrases 
m'agrippent, restent en moi,
me hantent, me poursuivent.
Pour leur beauté, pour leur sens.
Comme ces mots de Christian Bobin.* 


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«J’ai interrogé les livres 
et je leur ai demandé quel était le sens de la vie, 
mais ils ne m’ont pas répondu.

 J’ai frappé aux portes du silence,
de la musique et même de la mort,
 mais personne ne m’a ouvert.

 Alors, j’ai cessé de demander.

 
 J’ai aimé les livres pour ce qu’ils étaient,
 des blocs de paix, 
 des respirations si lentes
qu’on les entend à peine.
 

J’ai aimé le silence, la musique et la mort
pour ce qu’ils ouvraient en moi,
cette clairière dans mon cerveau, 
 ce trou dans les étoiles, 
 un peu de vide enfin. 

 J’ai rejoint l’atelier des berceaux».

 

 

* Un bruit de balançoire, L’Iconoclaste, 2017.

 

26/07/2017

2017: ANNEE KAZANTZAKI

  Nikos Kazantzaki
disparaissait
il y a soixante ans
après une vie entière 
dédiée à la recherche de l'Absolu.


De Alexis Zorba à La Dernière Tentation, de la Lettre au Gréco à Le Pauvre d'Assise,  l’œuvre de cet écrivain et penseur,  traduite en plus de cinquante langues, n’en a pas fini de nous interpeller. A l’instigation de la Société internationale des amis de Nikos Kazantzaki, plusieurs dizaines de manifestations ont déjà commémoré le 60 me anniversaire de sa mort. D’autres seront encore organisées sur tous les continents. L'occasion de relire et méditer ce Géant de la littérature mondiale au message intemporel.

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Sur la placette Kazantzaki, à Antibes.
Nikos et Eleni Kazantzaki vécurent plusieurs années dans cette ville.

Photo: gf

   

ASCESE 

Je vous propose quelques extraits de son essai philosophique

publié pour la première fois en 1927.

 

«Serein et lucide, je contemple le monde et dis : 

Tout ce que je vois, entends, goûte, flaire et touche est création de mon esprit.

 

Dans mon crâne, le soleil se lève et se couche.

A l’une de mes tempes est l’Orient, à l’autre l’Occident.

  

J’interroge, j’interroge encore, je cogne dans les ténèbres : 

Qui nous a plantés sur la terre sans nous en demander la permission ? 

Qui nous a déracinés de cette terre sans nous en demander la permission ?

 

 

Où allons-nous ?

Ne le demande pas. Monte et descends.

Il n’y a pas de commencement, il n’y a pas de fin.

Il n’y a que le moment présent, débordant d’amertume et de douceur,

et je le savoure jusqu’à la lie.

 

 

Je me donne à tout: à l’amour, à la souffrance, à la lutte.

Le monde est, m’apparaît-il, plus vaste que le cerveau, 

et mon coeur est un mystère tout-puissant, ténébreux.

 

 

Je choisis le chemin qui monte. Pourquoi ?

C’est sans logique, sans certitude, car je sais combien sont impuissants,
dans ces moments capitaux, le cerveau et les étroites certitudes de l’homme.

Je choisis le chemin qui monte, parce que c’est vos le haut que me pousse mon coeur.

Plus haut, plus haut, plus haut! crie mon coeur, et je le suis avec confiance.»

 

 

Le rôle de Zorba

Serait-ce aussi grâce à Anthony Quinn, Alexis Zorba fut incontestablement le livre le plus populaire de Kazantzaki. Mais ses nombreux lecteurs savent-ils que Zorba a réellement existé ?
«Si Nikos avait dû choisir un gourou, c’est Zorba qu’il aurait choisi» m’avait confié son épouse, Eleni Kazantzaki*, en 1968 à Genève où elle a résidé jusqu’en 1989. 
Et elle avait précisé: «Zorba, Joseph de son prénom et ouvrier, avant Homère, Bouddha, Nietzsche et Bergson…»

 

 

 

 

 

* In Ascèse, Editions Aux forges de Vulcain. 

** Eleni Kazantzaki s’est éteinte à Athènes en 2004 à l’âge de 101 ans.