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03/04/2016

L'ORCHIDEE DU DALAI-LAMA

Lorsque  l’écrivain et journaliste Jean-Claude Buhrer est rentré,
voici quelques jours, après quelques mois en Asie,
une belle surprise l’attendait chez lui. 
L’orchidée que le Dalaï-Lama avait offerte à Claude Levenson
s’était remise à vivre.

Or, celle-ci n’avait plus donné de fleurs depuis 2011...
Avant de partir en voyage, en décembre 2015, Buhrer s’était interrogé quant à la destiné de cette fleur pas comme les autres. Il ne pouvait se résoudre à l'abandonner et pour cause!
Le Dalai-Lama l’avait offerte à Claude Levenson au début 2010, à Bodhgaya – lieu saint et de pèlerinage où Bouddha avait atteint l'illumination –  lors de la cérémonie du Kalachakra et lui avait demandé d’en prendre bien soin…»

 

2594153938.JPG Le Dalaï-Lama, à Bodgaya, serrant dans ses bras Claude Levenson
et Jean-Claude Buhrer.
 

 

Claude Levenson s’est éteinte le 13 décembre 2010 à Lausanne. Mais de là où elle est, elle veille apparemment sur son orchidée... Aux dernières nouvelles, le cadeau du Dalaï-Lama est toujours en fleurs et un troisième bourgeon s’apprête à éclore…

Des révélations posthumes sont à paraître

Quant à Jean-Claude Buhrer, il veille fidèlement sur l’oeuvre de son épouse. Mieux que cela. Grâce à lui, des textes demeurés jusqu’ici inédits devraient émerger du silence dans lequel, par excès de discrétion et humilité, Claude Levenson les avait maintenus.

Mais Claude Levenson s’était pas qu’une tibétologue réputée dont les livres, notamment consacrés au Tibet, au Dalaï-Lama, au bouddhisme et à la Birmanie ont été traduits en de multiples langues (dont le chinois). 
Probablement pour se protéger de trop de souffrances, elle occulta durant toute sa vie son passé de petite fille juive. Elle avait quatre ans quand elle vit son père pour la dernière fois. Suite à la dénonciation de voisins français, il avait été déporté à Auschwitz via Drancy. Pour la sauver, sa mère, engagée dans la Résistance, cacha Claude dans une famille de paysans au coeur du Massif central et la retrouva à Paris quatre ans plus tard. 

 

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L'orchidée offerte par le Dalaï-Lama en 2010 s'est remise à fleurir un jour de 2016...

 photo: J-C.B.

 

C’est à l’Université Lomonosov de Moscou que Claude étudia le russe, la linguistique, la philosophie, l'Inde et ses religions. Et c’est dans la capitale soviétique dans les années 60 qu’elle découvrit la question tibétaine et le vrai visage du communisme...

Claude Levenson a laissé des manuscrits touchant à ces événements que son mari a découverts, à sa grande stupéfaction, après sa mort. 
Parce que l’Innommable ne doit pas se répéter, il s’apprête à nous les transmettre. Autant dire que nous les attendons
 avec impatience.

 

16/11/2015

BEYROUTH-PARIS: NADIA TUENI

BEYROUTH*

Parce que les victimes de Beyrouth comptent autant que celles de Paris, 

ma mère-patrie culturelle,

parce que le sang des êtres a partout la même couleur,

voici un texte de la poète libanaise Nadia TUENI

dont la mère était Française.

Je le dédie à la mémoire des victimes de Daech.

  

«Qu’elle soit courtisane, érudite ou dévote,
péninsule des bruits, des couleurs, et de l’or,
ville marchande et rose, voguant comme une flotte,
qui cherche à l’horizon la tendresse d’un port,
elle est mille fois morte, mille fois revécue.
Beyrouth des cent palais, et Béryte des pierres,
où l’on vient de partout ériger ces statues,
qui font prier les hommes, et font hurler les guerres.
Ses femmes aux yeux de plages qui s’allument la nuit,
et ses mendiants semblables à d’anciennes pythies.
(...) Beyrouth est en Orient le dernier sanctuaire
où l’homme peut toujours s’habiller de lumière».

 

 

* In Oeuvres poétiques complètes, Editions Dar An Nahar.