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18/03/2022

DES REFUGIES HONGROIS AUX UKRAINIENS: UN SOUVENIR D'ENFANCE

 «Rien, en poésie, ne s'achève.

Tout est en route, à jamais». 

 

 Andrée Chedid

 

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Alors que les Ukrainiens sont confrontés au pire,
je me suis rappelée* ce jour
où j’avais été confrontée à l’arrivée en Suisse
des réfugiés hongrois.
C’était en 1956.
Depuis le Monde n’est pas devenu plus humain.

 

«Dieu sait pourquoi un jour tel mot vous agrippe

Il colle à votre âme à votre cœur. Il reste en vous et ce sera pour toujours.

Pour moi, ce fut réfugié j’avais onze ans.

 

Je me rappelle:

 

– Qu’à l’école ce matin-là Soeur Scholastique-la-rigolote – nous l’appelions «Sœur Elastique» dans son dos – nous avait accueillies les yeux remplis de larmes.

 

– Qu’elle nous avait informées d’une arrivée «exceptionnelle» dans notre petite ville.

 

– Que suite à l’invasion de leur pays par les «Rouges» plusieurs dizaines de familles hongroises étaient hébergées à la caserne.

 

– Que submergée par l’émotion Sœur Elastique, pardon Scholastique, avait éclaté en sanglots.

 

– Que ces réfugiés petits et grands  dormaient à même le sol sur des matelas rudimentaires. Quant à notre offre d’accueillir plusieurs enfants chez nous elle fut déclinée pour des raisons administratives.

 

– Que plus tard j’avais lu le récit d’Aktin, un petit Arménien rescapé des massacres en Turquie.

 

– Que ses «bienfaiteurs» de Montélimar le chargeaient de lourds travaux ménagers et pendant ce temps nous allions à l’école et avions le droit de jouer et de lire.

 

– Que dès lors en tous lieux et en tous temps  les réfugiés – arméniens, palestiniens, tibétains, juifs, cambodgiens, kurdes, vietnamiens, syriens, cypriotes grecs – avaient jalonné mes chemins et habité mes nuits.

 

Et aujourd’hui 18 mars j'ajoute: UKRAINIENS. 

 

AIDER

Chaîne du bonheur

CP 10-15000-6

IBAN : CH82 0900 0000 1001 5000 6

 

LIRE

Spécialisées en littérature slave, Les Editions Noir sur Blanc ont notamment publié d'importants auteurs ukrainiens, russes et polonais. Il est temps de les découvrir et de les relire.

 

 

* Extrait d’Un itinéraire avec Rimbaud suivi de Lettre à Philippe Rahmy publié début 2021 aux Editions de L’Aire.

 

 

06/03/2022

DE L’UKRAINE A BORIS PASTERNAK: AIDER ET LIRE

 «Rien, en poésie, ne s'achève.

Tout est en route, à jamais». 

 

 Andrée Chedid

 

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Que peut la littérature face à la violence
et à l'Absurde ?
 La question  interpelle les écrivains
depuis des siècles.
Pour avoir vu de mes yeux,
en Jordanie et au Kurdistan d'Irak
en passant par le Liban, les victimes de la guerre
et l'exode des réfugiés,
 je ne peux vivre 
comme si la guerre en Ukraine n'existait pas.
J'aimerais saluer ici la magnifique solidarité
envers les Ukrainiens
sans oublier pour autant
les autres victimes de la guerre
sur d'autres continents.

Voici un poème de Boris Pasternak
publié en 1958**. 

C'était hier. C'est aujourd'hui.

 

 

DANS  LES TRAINS DU MATIN *

 

«Tout changera alentour 

Sera rebâtie la capitale

Mais des enfants arrachés à leur sommeil

Jamais ne sera pardonnée la frayeur

 

 Jamais ne pourra être oubliée

La peur qui laboure les visages

Au centuple devra payer,

L'ennemi vaincu, cette terreur.

 

Jamais, on n'oubliera ses bombes

et il lui sera tenu compte de chaque heure

Durant laquelle il pouvait tout infliger,

Comme autrefois Hérode, à Bethléhem.

 

Un nouveau meilleur siècle viendra,

Disparaîtront les témoins oculaires.

Mais les tortures des enfants mutilés

Jamais ne pourront être oubliées».

 

 

AIDER

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CP 10-15000-6

IBAN : CH82 0900 0000 1001 5000 6

 

LIRE

Spécialisées en littérature slave, Les Editions Noir sur Blanc ont notamment publié d'importants auteurs ukrainiens, russes et polonais. Il est temps de les découvrir et de les relire.

Rendez-vous sur leur site: www.leseditionsnoirsurblanc.fr où vous serez accueillis par ces mots de solidarité:

 

«En ce temps de guerre,

Nous sommes en pensée avec le peuple ukrainien

Et avec tous les Russes

Qui refusent ce conflit.

Ils sont nombreux.

Vive l’Ukraine!»

 

* Editions Seghers, 1958.

** J'en avais publié un extrait dans mon livre, L'Hirondelle de vie, chronique des enfants du Liban (Editions de l'Aire, 1988).

17:12 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, Lettres, Monde, Politique, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) |