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29/08/2017

LA POESIE CONTRE L'OPPRESSION EN TURQUIE

Le grand poète turc Nazim Hikmet a passé
de nombreuses années en prison et en exil. 
En solidarité avec les Turcs soumis
aujourd’hui à la répression, 
je vous propose un poème d'étrange actualité, 
qui ne s'applique pas exclusivement à la Turquie...(gf).

 

LA PLUS BELLE DES MERS*

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Nazim Hikmet en prison vers les années 1936.

 

«La plus belle des mers

est celle où l'on n'est pas encore allé.

Le plus beau des enfants

n'a pas encore grandi.

Les plus beaux de nos jours

sont ceux que nous n'avons pas encore vécus.

Et les plus beaux des poèmes que je veux te dire

sont ceux que je ne t'ai pas encore dits

 

Ils nous ont eus :

moi à l'intérieur des murs,

toi à l'extérieur.

Ce qui nous arrive n'est pas grave.

Le pire :

c'est de porter en soi la prison

conscient ou inconscient.

La plupart des hommes en sont là,

des hommes honnêtes, laborieux et bons,

dignes d'être aimés comme je t'aime.»

 

 

 

In Anthologie poétique, Temps actuels, 1984, préface Philippe Soupault.

 

26/07/2017

2017: ANNEE KAZANTZAKI

  Nikos Kazantzaki
disparaissait
il y a soixante ans
après une vie entière 
dédiée à la recherche de l'Absolu.


De Alexis Zorba à La Dernière Tentation, de la Lettre au Gréco à Le Pauvre d'Assise,  l’œuvre de cet écrivain et penseur,  traduite en plus de cinquante langues, n’en a pas fini de nous interpeller. A l’instigation de la Société internationale des amis de Nikos Kazantzaki, plusieurs dizaines de manifestations ont déjà commémoré le 60 me anniversaire de sa mort. D’autres seront encore organisées sur tous les continents. L'occasion de relire et méditer ce Géant de la littérature mondiale au message intemporel.

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Sur la placette Kazantzaki, à Antibes.
Nikos et Eleni Kazantzaki vécurent plusieurs années dans cette ville.

Photo: gf

   

ASCESE 

Je vous propose quelques extraits de son essai philosophique

publié pour la première fois en 1927.

 

«Serein et lucide, je contemple le monde et dis : 

Tout ce que je vois, entends, goûte, flaire et touche est création de mon esprit.

 

Dans mon crâne, le soleil se lève et se couche.

A l’une de mes tempes est l’Orient, à l’autre l’Occident.

  

J’interroge, j’interroge encore, je cogne dans les ténèbres : 

Qui nous a plantés sur la terre sans nous en demander la permission ? 

Qui nous a déracinés de cette terre sans nous en demander la permission ?

 

 

Où allons-nous ?

Ne le demande pas. Monte et descends.

Il n’y a pas de commencement, il n’y a pas de fin.

Il n’y a que le moment présent, débordant d’amertume et de douceur,

et je le savoure jusqu’à la lie.

 

 

Je me donne à tout: à l’amour, à la souffrance, à la lutte.

Le monde est, m’apparaît-il, plus vaste que le cerveau, 

et mon coeur est un mystère tout-puissant, ténébreux.

 

 

Je choisis le chemin qui monte. Pourquoi ?

C’est sans logique, sans certitude, car je sais combien sont impuissants,
dans ces moments capitaux, le cerveau et les étroites certitudes de l’homme.

Je choisis le chemin qui monte, parce que c’est vos le haut que me pousse mon coeur.

Plus haut, plus haut, plus haut! crie mon coeur, et je le suis avec confiance.»

 

 

Le rôle de Zorba

Serait-ce aussi grâce à Anthony Quinn, Alexis Zorba fut incontestablement le livre le plus populaire de Kazantzaki. Mais ses nombreux lecteurs savent-ils que Zorba a réellement existé ?
«Si Nikos avait dû choisir un gourou, c’est Zorba qu’il aurait choisi» m’avait confié son épouse, Eleni Kazantzaki*, en 1968 à Genève où elle a résidé jusqu’en 1989. 
Et elle avait précisé: «Zorba, Joseph de son prénom et ouvrier, avant Homère, Bouddha, Nietzsche et Bergson…»

 

 

 

 

 

* In Ascèse, Editions Aux forges de Vulcain. 

** Eleni Kazantzaki s’est éteinte à Athènes en 2004 à l’âge de 101 ans.