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06/03/2022

DE L’UKRAINE A BORIS PASTERNAK: AIDER ET LIRE

 «Rien, en poésie, ne s'achève.

Tout est en route, à jamais». 

 

 Andrée Chedid

 

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Que peut la littérature face à la violence
et à l'Absurde ?
 La question  interpelle les écrivains
depuis des siècles.
Pour avoir vu de mes yeux,
en Jordanie et au Kurdistan d'Irak
en passant par le Liban, les victimes de la guerre
et l'exode des réfugiés,
 je ne peux vivre 
comme si la guerre en Ukraine n'existait pas.
J'aimerais saluer ici la magnifique solidarité
envers les Ukrainiens
sans oublier pour autant
les autres victimes de la guerre
sur d'autres continents.

Voici un poème de Boris Pasternak
publié en 1958**. 

C'était hier. C'est aujourd'hui.

 

 

DANS  LES TRAINS DU MATIN *

 

«Tout changera alentour 

Sera rebâtie la capitale

Mais des enfants arrachés à leur sommeil

Jamais ne sera pardonnée la frayeur

 

 Jamais ne pourra être oubliée

La peur qui laboure les visages

Au centuple devra payer,

L'ennemi vaincu, cette terreur.

 

Jamais, on n'oubliera ses bombes

et il lui sera tenu compte de chaque heure

Durant laquelle il pouvait tout infliger,

Comme autrefois Hérode, à Bethléhem.

 

Un nouveau meilleur siècle viendra,

Disparaîtront les témoins oculaires.

Mais les tortures des enfants mutilés

Jamais ne pourront être oubliées».

 

 

AIDER

Chaîne du bonheur

CP 10-15000-6

IBAN : CH82 0900 0000 1001 5000 6

 

LIRE

Spécialisées en littérature slave, Les Editions Noir sur Blanc ont notamment publié d'importants auteurs ukrainiens, russes et polonais. Il est temps de les découvrir et de les relire.

Rendez-vous sur leur site: www.leseditionsnoirsurblanc.fr où vous serez accueillis par ces mots de solidarité:

 

«En ce temps de guerre,

Nous sommes en pensée avec le peuple ukrainien

Et avec tous les Russes

Qui refusent ce conflit.

Ils sont nombreux.

Vive l’Ukraine!»

 

* Editions Seghers, 1958.

** J'en avais publié un extrait dans mon livre, L'Hirondelle de vie, chronique des enfants du Liban (Editions de l'Aire, 1988).

17:12 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, Lettres, Monde, Politique, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/02/2022

POEME CHOISI (71) LAURENT GAUDE

 Comme l'air que nous respirons, 
la Poésie nous sera toujours vitale. 
Au fil des jours et des saisons, 
voici des textes qui nous semblent répondre 
aux interrogations du vingt-et-unième siècle 
et  à notre humaine condition. 

 

 «Rien, en poésie, ne s'achève.

Tout est en route, à jamais». 

 Andrée Chedid

 

LAURENT GAUDE

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Poète, romancier, grand reporter,
Roland Gaudé s’est surtout fait connaître pour
Le Soleil des Scorta (Editions Actes Sud). 
Ce roman lui avait valu en 2004 le Prix Goncourt et le Prix Jean Giono.

 

Et pourquoi pas la joie *?


«Au milieu de nos villes escaliers
Où les murs de parpaings suent du béton,
Où les fils électriques dessinent, sur les toits,
des ciels d’araignées,


Et pourquoi pas la joie?
Le temps d’une corde à sauter
qui fait tourner le monde,

D’un ballon fatigué
qui court de jambes en jambes

Et soulève la pauvreté
dans les cris d’enfant,


Et pourquoi pas la joie ?
Le pieds dans l’immondice
Mais le regard droit.
C’est notre vie,
Et nous ne pourrons pas
la mener tout entière dos plié,

Regard soumis.


Tu es née du ravage, fille,
Les coups de bâton
sur nos barrages en bois
ont célébré ta venue au monde

Et rien n’a changé, depuis,
Mais pourquoi pas la joie ?»

 

 

* De sang et de lumière, Editions Actes Sud.