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14/05/2011

POEMES CHOISIS (7) : RENE CHAR

A l’instar de la nature et de la musique, la poésie peut nous être un viatique.
Au fil des jours, je vous proposerai des textes qui m’accompagnent avec une fidélité indéfectible.

 

«Rien, en Poésie, ne s’achève.

Tout est en route, à jamais».

 

 

Andrée Chedid

 

 

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«Etres que nous chérissons,

nous vous aimons dans le meilleur

comme dans l’injustice de vous-mêmes,

hasardeusement,

tels de chaotiques papillons.

 

Le rossignol, la nuit,

a parfois un chant d’égorgeur.

Ma douleur s’y reconnaît.

Le rossignol chante aussi

sous une pluie indisciplinable.

 

Il ne calligraphie pas

l’arrogante histoire des rossignols.

 

Plus ce qui nous échappe

semble hors de portée,

plus nous devons nous persuader
de son sens satisfaisant».

 

 

 

In La nuit talismanique, Editions Albert Skira, Les sentiers de la création.

17:50 Écrit par Gilberte Favre dans Lettres | Tags : rené char, andrée chedid, poésie | Lien permanent | Commentaires (0) |

08/05/2011

POEMES CHOISIS (6) : NADIA TUENI

 

A l’instar de la nature et de la musique, la poésie peut nous être un viatique. 
Au fil des jours, je vous proposerai des textes qui m’accompagnent avec une fidélité indéfectible.


«Rien, en Poésie, ne s’achève.

Tout est en route, à jamais».

Andrée Chedid

En montagne libanaise*

 

Nadia.jpg

 


«Se souvenir – du bruit du clair de lune,

lorsque la nuit d’été se cogne à la montagne,

et que traîne le vent,

dans la bouche rocheuse des Monts Liban.

 

Se souvenir – d’un village escarpé,

posé comme une larme au bord d’une paupière ;

on y rencontre un grenadier,

et des fleurs plus sonores

qu’un clavier.

 

Se souvenir – de la vigne sous le figuier,

des chênes gercés que Septembre abreuve,

des fontaines et des muletiers,

du soleil dissous dans les eaux du fleuve.

 

Se souvenir – du basilic et du pommier,

du sirop de mûres et des amandiers.

 

Alors chaque fille était hirondelle,

ses yeux remuaient comme une nacelle,

sur un bâton de coudrier.

 

Se souvenir – de l’ermite et du chevrier,

des sentiers qui mènent au bout du nuage,

du chant de l’Islam, des châteaux croisés,

et des cloches folles du mois de Juillet

 

Se souvenir – de chacun, de tous,

du conteur, du mage, et du boulanger,

des mots de la fête, de ceux des orages,

de la mer qui brille comme une médaille,

dans le paysage.

 

Se souvenir – d'un souvenir d'enfant

d'un secret royaume qui avait notre âge;

nous ne savions pas lire les présages,

dans ces oiseaux morts au fond de leurs cages,

sur les Monts Liban».

 

 

* Liban, 20 poèmes pour un amour, Editions Dar An-Nahar.

 

 

 

10:57 Écrit par Gilberte Favre dans Lettres | Tags : poésie, nadia tuéni, andrée chedid, liban | Lien permanent | Commentaires (0) |