ID de suivi UA-65326999-1

12/12/2015

LIBAN 2015: JOURNAL D'UNE DESORIENTEE

Je reviens d'un seizième séjour au Liban
que j'ai longtemps considéré comme «ma patrie de coeur». 
C'était une semaine avant l'attentat commis par Daech...
Le pays que j'ai découvert dans les années 70, avant la guerre
– ou plutôt, les guerres –, n'est certes plus ce qu'il était.
Et si je ne choisirais plus aujourd'hui de m'y installer, 
je demeure cependant viscéralement attachée au Pays du Cèdre.
Et quand j'y suis, je m'y sens chez moi...
Pour quelles raisons exactement ?

20151029_153458_resized_2 (1).jpg

Au-delà des pins, Beyrouth vue de Beit-Meré

photo: gf

 

Serait-ce pour ses paysages irrémédiablement altérés par les promoteurs-spéculateurs, les gratte-ciel de Beyrouth, le littoral bétonné, la circulation démentielle, les montagnes d'ordures, les rues et trottoirs défoncés, les embouteillages permanents, l'incurie de ses responsables politiques, le bruit  la pollution, en sus de l'insécurité due aux «événements» politiques qui ont détruit la région ? Le cimetière de Ras-el-Nabek où repose aujourd'hui celle qui fut ma «grande sœur naturelle» et qui m'a fait aimer son pays ? 

Pour ne rien vous cacher, ce début d'hiver 2015 à Beyrouth, je suis aussi désorientée que les personnages d'Amin Maalouf dans le roman Les Désorientés*. J'ai entendu la colère de Charif Majdalani** décriant un Liban «à l'agonie» de par la faute de politiciens incompétents et corrompus. J'ai connu dès 1969 les camps de réfugiés palestiniens qui y «vivaient» pour certains depuis 1948. En 2015, j'ai côtoyé la détresse d'autres réfugiés...

Au bout du compte, même si je n'ignore rien de la face négative de la société libanaise (qui par ailleurs est universelle), je crois que le Liban me collera toujours à la peau et à l'âme.
A chaque séjour, je suis conquise par 
la gentillesse naturelle des êtres (celle de mes «vrais» amis et celle des inconnus des villes et des villages), cette vertu qui ne s'explique pas mais qui est. 

 

Scan-150809-0001.jpg

A Tyr, dans les années 70:
le temps de l'innocence et du Liban intact...

 

Je suis aussi emportée par le foisonnement de la vie culturelle libanaise, la créativité de ses artistes et artisans, le souffle du vent dans les pins-parasols, la lignée de pêcheurs sur la Corniche, attendant patiemment qu'un poisson jaillis des flots. Et surtout par la vision de Beyrouth observée de la montagne... Je vibre toujours aux chansons de Feyrouz et mon cœur retient, serait-ce à mon insu, les poèmes de Nadia Tuéni.

J'en viens à penser que mon histoire d'amour avec le Liban pourrait bien, même si cela est insensé, être éternelle. 

 

* Les Désorientés, Editions Grasset, 2012. 

** Son dernier roman, Villa des Femmes, a été publié aux Edtiions du Seuil.

 

 

30/11/2015

SARREYER: DES ENFANTS SOLIDAIRES DES ENFANTS

  Programme-1.jpeg

 

La chaîne de l'amitié fait la ronde autour du monde» disait l'ami poète Claude Roy. 
Il n'avait pas tort...Lisez plutôt!
Le 28 octobre, à Beyrouth, la jeune Jacinthe Khalifé m'accompagnait lors de la soirée poétique dédiée à Marwan Hamadé au Salon du livre francophone sous l'égide de l'Ambassade de Suisse au Liban.
Dimanche 6 décembre, à Sarreyer*, c'est son jeune frère Louis-Justin qui jouera avec les enfants du Petit Atelier de Sarreyer. L'an dernier, le trompettiste était déjà de la Farandole poético-musicale (au pays de Prévert, René de Obaldia, Topor...) organisée  au profit de L'Arche de Noël.

IMG-20150919-WA0036.jpg

A douze ans, Louis-Justin Khalifé est déjà membre de l'Orchestre des jeunes
du Conservatoire de Sion. Et de plusieurs fanfares du Val d'Hérens.
Sa sœur aînée, Aliénor, est pianiste...

  20151125_173817_resized.jpg

Pas encore costumés comme ils le seront le 6 décembre...
Devant la Montagne Verte dessinée par Sophie Bender, au premier rang, de gauche à droite:
Ysaline, Dylan, Noé; au deuxième rang, Arthur et Yannick.
Au sommet de la Montagne, de gauche à droite: Loris, Maïlys et Nyima.

Photo: Y. Bender

 

Cette année, c'est à la demande des enfants que j'ai écrit cette piécette sur mesure à leur intention. Yannick tenait à jouer le rôle d'un guide, comme son papa. 
Je connaissais les dons de magicien de son frère, grand observateur de la nature.
Un petit musicien était disposé à abandonner son accordéon pour tenter l'expérience d'ingénieur forestier. Une fillette avouait son amour inconditionnel des fleurs.
Il se trouve que la forêt est mon biotope et que j'aime aussi le désert où mon guide touareg, père d'un petit garçon, s'appelait Matali. Et pourquoi ne pas imaginer que son fils serait venu découvrir une montagne verte, et non pas grise ou ocre ?

La petite pièce s'est écrite quasiment toute seule. Il m'a suffi d'ouvrir les yeux...
Le petit voisin aux yeux remplis de lumière s'est imposé pour devenir Le Petit Prince du désert et une rêveuse aux yeux couleur de myosotis était destinée à devenir ce qu'elle est, peut-être, la Fée de la Forêt... Pour sa part, son jeune frère voulait mordicus se métamorphoser en animal. Il sera un écureuil bondissant.

Un poème d'Andrée Chedid**  traverse de part en part le voyage initiatique de Matali au Pays de la Montagne Verte. Un message de tolérance à diffuser sans modération:

«Toi,

qui que tu sois

je te suis plus proche

qu'étranger»

 

Le spectacle sera suivi par l'apparition d'un invité-surprise qui fera la joie des enfants sans oublier les adultes.

L'entrée est gratuiteChapeau à la sortie pour Les Pinceaux Magiques, association qui vient égayer le quotidien des enfants gravement malades.

 

POUR TOUT VOUR DIRE...

LE PETIT ATELIER DE SARREYER est né dans la mezzanine de notre chalet où des enfants aiment venir écouter contes, récits, musique et moi, les leur dire... Un premier spectacle eut lieu en 2012, lors du centenaire de Corinna Bille, avec Le Mystère du monstre dont la recette fut affectée à La Parenthèse. Notre initiative est totalement bénévole et ne reçoit aucune subvention. Ce sont les parents des enfants qui appuient activement notre démarche. Au fil des ans, le spectacle du Petit Atelier de Sarreyer est devenu une Aventure collective.

Pour tout vous dire, l'écriture et la mise en scène de mes premières piécettes de théâtre remonte à l'époque où j'étais monitrice de colonie de vacances et je les ai aussi rédigées «sur mesure». Plus tard, j'avais dix-huit ans quand ma pièce a représenté l'Institut St Joseph de Monthey à l'Exposition Nationale de Lausanne, en 1964. L'expérience m'avait valu la dénomination, dans les colonnes de l'ex-Feuille d'Avis du Valais, «d'écrivain en herbe»... Depuis, l'herbe a poussé mais je ne suis pas devenue auteur dramatique et je ne le serai jamais. Il faut savoir raison garder... D'autres champs littéraires m'ont retenue à jamais et la démarche du Petit Atelier de Sarreyer s'accomplit dans l'enthousiasme et sans prétention mais avec le souci d'aider les autres enfants.

 

* Accès:  En voiture: Aller jusqu'au Châble. Route jusqu'à Lourtier. A gauche, prendre la route de Sarreyer. Utiliser les parkings publics. 

Transports publics: Train jusqu'au Châble. Bus jusqu'à Lourtier puis Sarreyer (sur demande le dimanche).

* Andrée Chedid est venue à plusieurs reprises à Sarreyer, qu'elle aimait beaucoup, et où elle a d'ailleurs fait la connaissance de Maurice Chappaz.