ID de suivi UA-65326999-1

13/03/2019

DECOUVERTE POETIQUE: ARTHUR BILLEREY

Pour sa flamme  et son allant, on pense
 à Maïakovski et à Rimbaud, bien sûr. 
Mais non, c'est Arthur Billerey. 

 

Qui est cet Arthur B. dont la poésie est à la fois penchée sur lui et tournée vers les autres ?

Il y a de la fraîcheur et de la profondeur, du rythme et de la musicalité, dans ses textes. On ne s’étonnera pas de savoir qu’Arthur Billerey aime Prévert autant qu’Aragon.
Car ce poète généreux aime jouer avec les mots et observer le monde et la vie  comme ils vont ou pas. Assurément, il ne passe pas son temps à méditer sur son ego. Bien heureuse de l'avoir rencontré.

Mais lisez plutôt! 

 

«En y réfléchissant un peu

je me suis dit tête en l'air

les airs sont dans la nature

en soufflant dessus ils vont

d'une capitale à une campagne

franchissant champs et routes

en respirant certains c'est fou

la montée de la sève en nous

ne s'arrête jamais de monter».

 

ArthurBillery.jpg

Arthur Billerey, poète et responsable éditorial à L'Aire,

les yeux brûlant de Poésie.

 

 

«Je suis ce que je rencontre

au fil des jours mais aussi

ce que je rencontre éteint

en dormant j’ai un nom d’emprunt

 

que le matin récupère

souvent à couteaux tirés

quand je n’ai plus d’identité

j’en cherche une étrangement…

 

chaque jour a sa bousculade

de rencontres sa montre oubliée

au poignet de l’éternité qui va

rien que de roulade en roulade

 

je suis ce que je prends à l’un

et à l’autre ce que je rends

ce qu’il reste à mi-chemin

est un immense feu de camp

 

solitude cousue de fils blancs

qui entièrement se défileront

aux quatre coins du firmament

brille la sueur de nos fronts

 

Je suis ce que j’ai du mal

à comprendre la raison

de la guerre et la paix

de raison l’âme enfouie…»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

* A l’aube des mouches, Editions de L’Aire, collection Métaphores, préface Corinne Desarzens, 104 p.

 

 

  

 

18:08 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, France, Humour, Lettres, Monde, Musique, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/01/2019

PHRASES RETENUES (12) LE CLEZIO

 D'un livre à l'autre, 
des phrases m'agrippent, 
me hantent, me poursuivent.
Comme ces lignes de Le Clézio
extraites de La fête chantée.*
Entre 1970 et 1974,
l'écrivain partagea la vie
de tribus amérindiennes du Panama,
les Emberas et les Waunanas. 
Cette expérience changea sa vie.
Petit extrait de ce livre flamboyant.

 

ECRIRE ET LIRE LA NUIT

 

 

contributor_1499_195x320.jpg

 

Quatre ans chez les Amérindiens ont changé sa vie.

 

Photo: Ed. Gallimard 

 

«Je veux parler de Dzibilnocac

parce que cette légende

d’un lieu solitaire où on écrit la nuit me paraît belle.

Belle comme la chambre d’ombre,

le lieu où on est le mieux au monde

pour oublier le monde

et entrer seul dans les signes,

qu’ils soient gravés sur la pierre,

peints sur les feuilles de papier pliées en accordéon

ou imprimés

sur les pages serrées des livres  sans images,

qu’on tourne lentement dans le silence de la nuit.

Ecrire de nuit, lire de nuit,

c’est le plus extraordinaire et le plus

facile des voyages».

 

 

In La fête chantée, Ed.  Gallimard (Le Promeneur), 1997.

17:11 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, France, Lettres, Monde, Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) |