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30/05/2019

POEMES CHOISIS (65) ELUARD

 Comme l'air que nous respirons, 
la Poésie nous sera
toujours vitale. 
Au fil des jours et des saisons, 
voici des textes qui nous semblent répondre 
aux interrogations du vingt-et-unième siècle 
et  à notre humaine condition. 

 

 «Rien, en poésie, ne s'achève.

Tout est en route, à jamais». 

 Andrée Chedid

 

IL Y A DES MOTS

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Eluard, dont le poème «Liberté» éclaira le ciel des Français sous l'Occupation.

 

 

«Il  y a des mots qui font vivre

Et ce sont des mots innocents

Le mot chaleur le mot confiance

Amour justice et le mot liberté

Le mot enfant et le mot gentillesse

Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits

Le mot courage et le mot découvrir…»

 

 

 

*Au rendez-vous allemand,  © Éditions de Minuit Paris, 1945, 

 

 

 

11:48 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, France, Lettres, Monde, Résistance, Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/04/2019

PHRASES LUES (13) SYLVAIN TESSON

 D'un livre à l'autre, 
des phrases m'agrippent, 
me hantent, me poursuivent.
Comme ces lignes de Sylvain Tesson
extraites de «Les chemins noirs».*
Bien que gravement meurtri dans son corps,
après une chute vertigineuse et alcoolisée,
Tesson traverse la France à pied
du Mercantour au Cotentin en guise de rééducation.
Il a fait ses adieux à l'alcool. 
Ses mots n'en sont que plus sublimes.

 

 

De mes vagabondages avec Sylvain Tesson marcheur convalescent j'ai retenu quelques perles salutaires. Esprit critique, humour, poésie, sagesse et mélancolie y cohabitent en permanence. Ici et là, qu’il dorme dans une bergerie ou sur la terre humide de la forêt,  il croise parfois le visage de sa mère «envolée» quelques mois avant sa chute. En côtoyant les habitants d'une  France rurale souvent abandonnée, il réfléchit au sort du monde. 
Miraculé, l’aventurier-philosophe s'était promis de parcourir les chemins de la France profonde, le nez dans les étoiles. Pari réussi!

  

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     «Moi, je trouvais désinvolte d'avoir couru 

le monde 
en négligeant le trésor des proximités».

 

 

«Les historiens avaient inventé des expressions pour classer les époques de l’humanité: l’âge de la pierre, l’âge du fer, l’âge du bronze s’étaient succédé, puis les âges antiques et féodaux.

Ces temps-là étaient des temps  immobiles.

Notre époque consacrait soudain un «âge du flux». Les avions croisaient, les cargos voguaient, les particules de plastique flottaient dans l’océan. La moindre brosse à dents faisait le tour du monde, les petits Normands partaient au djihad pour poster des vidéos sur YouTube. Les hommes dansaient sur l’échiquier. Ce tournis avait même été érigé en dogme. Une culture se devait à la circulation et aux contacts si elle voulait une chance de se voir célébrée. L’ode à la «diversité», à l’«échange», à la «communication des univers» était le nouveau catéchisme des professionnels de la production culturelle en Europe.

La crise de Parkinson de l’Histoire portait le nom de mondialisation…»

 

* La plupart des livres de Sylvain Tesson ont été publiés chez Gallimard.