ID de suivi UA-65326999-1

18/01/2015

COMMENT PREVENIR LA BARBARIE ?

Parce que l’horreur perpétrée à Paris les 7 et 8 janvier
m’a littéralement tétanisée, je me suis réfugiée dans le silence
pour tenter de mieux comprendre...
Mais est-il possible de saisir l'origine de la barbarie ? 
  

Et d'identifier les financiers des tueurs ?

20150114_114210.jpg

Sur la place de l'Europe, à Lausanne, le 15 janvier, lors de la manifestation organisée par Impressum, l'organisation des journalistes suisses et leurs collègues.


Photo: gf

 

  

«Elle s’appelait Elsa.

Eux s’appelaient Jean («Cabu»)

Stéphane (Charb»)

Philippe («Honoré»)

Bernard (Tignous») 

Michel, Georges («Wolinski»),

et Bernard  («Oncle Bernard»). 

 

Et parce qu’ils dessinaient leurs colères

avec leur humour

ils furent exécutés.

 


Elle s’appelait Clarissa,

Eux s’appelaient Ahmed, Franck, Frédéric.

Et parce qu’ils accomplissaient leur métier,

ils furent exécutés.

 

Ils s’appelaient Yohan, Yohav, Philippe et François-Michel

Et parce qu’ils étaient Juifs

ils furent exécutés

à Paris les 7 et 8 janvier 2015

 

Inconsolables resteront

les orphelins, les veuves, les veufs,

les parents des femmes et des hommes tués

à bout portant.

 

 

Comment ne pas être avec eux

leurs enfants leurs parents

compagnes et compagnons ?

Je suis avec eux.


Il n'existe pas pour moi

de hiérarchie de la douleur.

Le sang des uns et des autres

(Juifs, chrétiens, Africains, Palestiniens)

a toujours la même couleur.

 

A l’instant où la foule immense marchait 

dans les rues de Paris*

seize villages étaient détruits au Nigeria

et deux mille personnes tuées

par Boko Haram.


Jusqu'à présent

personne n’a arrêté les meurtriers.

Personne n'a rendu à leurs parents

les fillettes enlevées par Boko Haram.

 

En Syrie et au Liban

des enfants sont morts de froid

 

 

D’autres enfants 

furent tués en Syrie

par l’armée de Bachar et par Daech.


Des fillettes yézidies sont violées

sans que personne ne s'en offusque

en Irak et au Nigéria.

 

Une semaine après les attentats de Paris

le monde n'est pas devenu meilleur

d’autres innocents

ont été tués.

 

 

En vérité il en meurt chaque jour

Ce cortège funèbre paraît sans fin.

 

Qui rendra au Monde

sa raison son humanité ?»

 


 


 

 



* Entre autres présences incongrues, celle du Premier Ministre turc, en tête de cortège, représentant d'un régime dont on connaît le respect pour le droit d'expression et les droits humains en général...





28/05/2014

XOCHITL BOREL: LE GOUT DES MOTS

 X2.jpg

Xochitl Borel: Elle écrit, chante, joue du piano, le tout avec joie et talent.

  Photo: Alois Gutiérrez

 

C'est un étrange petit livre, rempli de poésie et de tendresse, que nous avons de la peine à abandonner. La magie n'est pas loin.

L'auteur assurément aime les enfants, la poésie et les mots, qui sont pour elle des sons et des couleurs.

 

Dans une autre vie, Xochitl Borel était musicienne, chanteuse à texte et à la voix d'or.

Cette idéaliste, qui a de qui tenir puisque son père exerça la médecine en Amérique latine et qu'elle y était, est révoltée par les injustices, Que les choses soient dites: elle n'accepte pas le monde tel qu'il est. Un jour à Vevey, un jour à Istanbul, un jour au Mexique, elle essaie, avec ses mots, de rendre le monde plus humain.

 

Voici le premier roman de cette fin lectrice: L'alphabet des anges. Mais où est-elle allée chercher sujet aussi délicat sans être triste ?

Le sujet est en effet  très étonnant pour une jeune fille qui n'a pas  connu la maternité. Xochitl réussit à se mettre dans la peau de Soledad, mère d'une fillette née borgne alors qu'elle n'aurait pas dû naître. L'intervention de la «faiseuse d'anges» a échoué.  Aneth est née, fruit d'«un amour trop fort et vite consumé» nous dit Soledad. La petite fille est cependant condamnée à la cécité. Mais cet Ange a un don puisqu'il est habité par la poésie. Chacune de ses phrases, chacun de ses gestes est Poème car, autour d'elle, on ne ressent pas l'ombre d'une angoisse mais uniquement la confiance en l'avenir. Et la petite Aneth est sensible à ce message d'optimisme.

 

Est-ce parce que Xochitl Borel fut une «petite fille heureuse qui aimait le soleil sur ses cheveux blonds» ? Ou encore parce qu'elle aime le bleu lavande et qu'elle fut très aimée par ses parents ? 

La fable qu'elle a écrite autour d'Aneth a gardé le souvenir d'une enfance émerveillée, ici et ailleurs.

Soledad ne se complaît jamais dans la souffrance. Comment le pourrait-elle avec cette fillette qui dialogue avec les végétaux et avec ce que les voyants ne savent plus voir ?

La jeune musicienne à la voix d'ange, qui connaissait par coeur les fables de la Fontaine, n'a pas fini de nous étonner sur les chemins de la création.

 

 

Préface de Blaise Hofmann, Collection Alcantara, 125 pages, Editions de L'Aire.

 

 

 

La voix de Xochitl 

http://www.mx3.ch/Xochitl