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04/05/2016

SYLVIE BLONDEL: PREMIER ROMAN

Ce que révèle la nuit* 

Le premier roman de Sylvie Blondel 
a d’abord un accent mozartien.
Et ce n'est pas seulement pour la musique des mots. 
Que d'affinités entre Jean-Philippe Loÿs et Wolfgang Amadeus! 
Tous deux furent arrachés à la vie à 
l'âge de trente-trois 
et trente-cinq ans.
Ce n'est pas un âge pour mourir...
 

Le personnage central de ce livre, l’astronome Jean-Philippe Loÿs de Cheseaux, né dans le Pays de Vaud en 1718, décédé à Paris à l’âge de 33 ans, a d’incontestables affinités avec Wolfgang Amadeus Mozart, qui s'est éteint à l’âge de 35 ans. Tous deux furent des génies précocement arrachés à la vie. Tous deux, par leur quête dans l'univers du ciel et de la musique, tentèrent d’accéder à l’Absolu. Tous deux furent rattrapés par la maladie et les angoisses. Leur fin à tous deux fut interminablement douloureuse.

 

Un astronome illustre et méconnu

La littérature, qu'elle a enseignée de longues années avant de se mettre à l'écriture**, est le biotope de Sylvie Blondel.

Pour l'auteure vaudoise, le déclic de ce premier roman fut la révélation d'un destin. Il s'appelle Philippe Loÿs de Cheseaux. Cet astronome plutôt ignoré en Suisse bénéficia d’un prestige international. Il fut en effet l’un des plus grands scientifiques de l’époque. Ses pairs des Académies de Paris et Saint-Pétersbourg, de Göttingen et de Stockholm, sans oublier ceux de la Royal Society de Londres l'avaient d'emblée reconnu. 
Par souci de précision, Sylvie Blondel a questionné d’éminents astronomes. Mais elle n’a pas seulement voulu rendre justice à celui qui a découvert la Grande Comète de 1774, dite Comète de Cheseaux. Pour elle, l'itinéraire tortueux de ce scientifique n'est qu'un prétexte à une méditation sur le sens de la vie.

 

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Sylvie Blondel a signé un ambitieux premier roman.

Photo: Philippe Pache

 

Un double contemporain

L'astronome n'est pas seul à captiver le lecteur. Ce que révèle la nuit est aussi habité par un autre personnage: Hector Lenoir. Cet homme d’aujourd’hui pourrait ressembler à Sylvie Blondel car il est tout aussi intrigué qu’elle par Jean-Philippe Loÿs de Cheseaux. Et il a le temps d'y songer. Sa femme vient de l'abandonner abruptement. Il décide aussitôt d’écrire un roman sur le scientifique et de revisiter sa trajectoire.

Depuis le temps, où tout petit, il voulait approcher les étoiles, Hector est fasciné par le mystère qui se cache derrière la nuit et surtout par les étoiles.

En ce temps-là on lui avait dit que les étoiles ne sont rien d’autre que les «apparences des âmes défuntes» et que leur vocation est de protéger les vivants.

Ce que révèle la nuit nous interroge sur un thème intemporel. Tant qu’il y aura des étoiles, nos questions quant à l’Au-delà seront sans fin.

Situé aux frontières de la poésie et du roman scientifique, le livre de Sylvie Blondel n'est pas dénué de suspense. Et ses nuits étoilées sont porteuses de lumière plus que d’obscurités...

 

 

 

 

 

 

Ce que révèle la nuit, roman, Pearlbooksedition, 150 pages.

* Le Fil de soie, nouvelles, Editions de L'Aire, 2010.

03/04/2016

L'ORCHIDEE DU DALAI-LAMA

Lorsque  l’écrivain et journaliste Jean-Claude Buhrer est rentré,
voici quelques jours, après quelques mois en Asie,
une belle surprise l’attendait chez lui. 
L’orchidée que le Dalaï-Lama avait offerte à Claude Levenson
s’était remise à vivre.

Or, celle-ci n’avait plus donné de fleurs depuis 2011...
Avant de partir en voyage, en décembre 2015, Buhrer s’était interrogé quant à la destiné de cette fleur pas comme les autres. Il ne pouvait se résoudre à l'abandonner et pour cause!
Le Dalai-Lama l’avait offerte à Claude Levenson au début 2010, à Bodhgaya – lieu saint et de pèlerinage où Bouddha avait atteint l'illumination –  lors de la cérémonie du Kalachakra et lui avait demandé d’en prendre bien soin…»

 

2594153938.JPG Le Dalaï-Lama, à Bodgaya, serrant dans ses bras Claude Levenson
et Jean-Claude Buhrer.
 

 

Claude Levenson s’est éteinte le 13 décembre 2010 à Lausanne. Mais de là où elle est, elle veille apparemment sur son orchidée... Aux dernières nouvelles, le cadeau du Dalaï-Lama est toujours en fleurs et un troisième bourgeon s’apprête à éclore…

Des révélations posthumes sont à paraître

Quant à Jean-Claude Buhrer, il veille fidèlement sur l’oeuvre de son épouse. Mieux que cela. Grâce à lui, des textes demeurés jusqu’ici inédits devraient émerger du silence dans lequel, par excès de discrétion et humilité, Claude Levenson les avait maintenus.

Mais Claude Levenson s’était pas qu’une tibétologue réputée dont les livres, notamment consacrés au Tibet, au Dalaï-Lama, au bouddhisme et à la Birmanie ont été traduits en de multiples langues (dont le chinois). 
Probablement pour se protéger de trop de souffrances, elle occulta durant toute sa vie son passé de petite fille juive. Elle avait quatre ans quand elle vit son père pour la dernière fois. Suite à la dénonciation de voisins français, il avait été déporté à Auschwitz via Drancy. Pour la sauver, sa mère, engagée dans la Résistance, cacha Claude dans une famille de paysans au coeur du Massif central et la retrouva à Paris quatre ans plus tard. 

 

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L'orchidée offerte par le Dalaï-Lama en 2010 s'est remise à fleurir un jour de 2016...

 photo: J-C.B.

 

C’est à l’Université Lomonosov de Moscou que Claude étudia le russe, la linguistique, la philosophie, l'Inde et ses religions. Et c’est dans la capitale soviétique dans les années 60 qu’elle découvrit la question tibétaine et le vrai visage du communisme...

Claude Levenson a laissé des manuscrits touchant à ces événements que son mari a découverts, à sa grande stupéfaction, après sa mort. 
Parce que l’Innommable ne doit pas se répéter, il s’apprête à nous les transmettre. Autant dire que nous les attendons
 avec impatience.