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21/01/2011

NECESSITE DE LA POESIE (2)

Quand la vie chancelle sous nos pas, que cela soit dans nos destinées personnelles ou au niveau de la planète, les mots des poètes nous sont un précieux viatique.

La preuve par l’exemple.

 

Claude Roy, le chant du rouge-gorge  et la mésange

Dans Le travail du poète, Claude Roy, menacé par le Crabe, évoque cette période où la poésie accompagna ses jours et ses nuits:

«Quand j’étais à l’hôpital, atteint d’une opération dont l’issue était incertaine, je me suis astreint, jusqu’à la veille d’entrer dans le bloc opératoire, à écrire des poèmes.

Et je me suis aperçu, ou plutôt j’ai vérifié, qu’en obéissant comme le rouge-gorge au rythme intérieur qu’impose inconsciemment le poème, on impose à tout son être un ordre, une tenue, une sorte de calme inattendu…

Ce que m’apprit l’épreuve, c’est que la poésie peut être un instrument de gouvernement des passions et de possession (ou de reprise de possession) de soi-même.

J’ai écrit des poèmes pour tenter de régler un souffle qui se déréglait, pour essayer d’ordonner un flux intérieur qui se délitait, pour parvenir à reprendre l’avantage dans le combat douteux où j’étais engagé.

C’est que la poésie, cette activité gratuite par excellence, ajoute aux charmes essentiels de l’inutilité la force inattendue de l’extrême utilité.

Aussi vaine que les nuages, aussi nécessaire que le pain, la poésie n’est pas forcément une maîtresse d’illusions. Elle peut être aussi, elle doit être surtout la réalité profonde prise aux mots, une vérité qui se fait chant».

Le 6 juillet 1982, à l’Hôpital Marie Lannelongue, Claude Roy écrivait:

 

«Je voudrais toucher une à une chaque note du chant

de la mésange avec mes doigts pour être sûr

que ce qu’elle chante c’est pour de vrai…»

 

 

Nadia Tuéni et l’odeur des mots

 

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«Yeux noirs, cheveux noirs

et maintenant toutes les beautés de l'ombre

sur ses épaules»
(Georges Shehadé).

 

De la grande poétesse libanaise, envolée en 1983, et elle aussi confrontée à la maladie, mon cœur a retenu (parmi d’autres poèmes) ce texte sur Beit-Eddine où les mots ont un rôle primordial :

«Ici poussent la fleur et la géométrie.

Les mots ont une odeur de rose.

Quelques secrets s’envolent où la main nue se pose,

Le vent dans les cyprès est un amour ancien…»

 

Mais encore celui-ci où elle a immortalisé les Cèdres de sa patrie:

«Je vous aime

vous qui partez avec pour bannière le vent.

Je vous aime comme on respire,

vous êtes le premier Poème».

 

Des titres

Le travail du poète, de Claude Roy, Editions Paroles d’Aube.

Œuvres complètes, Nadia Tuéni, Editions Dar An-Nahar.

 

Mais encore

Parmi les poètes que je relis toujours avec ferveur: Aragon, Baudelaire, Corinna Bille, Alexandre Blok, Maurice Chappaz, Char, Andrée Chedid, Emily Dickinson, Eluard, Philippe Jaccottet, Nazim Hikmet, Rilke, Rimbaud, Schehadé, Salah Stétié, Marina Tsvétaeva, Nadia Tuéni, sans oublier Apollinaire, Desnos, Guillevic, Musset, René de Obaldia, Prévert,  Reverdy, Jean Tardieu, Villon et combien d'autres qui éclairent nos chemins.

 


10:04 Publié dans Culture | Tags : claude roy, nadia tuéni | Lien permanent | Commentaires (0) |

30/03/2017

POEMES CHOISIS (45) JEAN-NOEL CUENOD

 Les années se suivent et la Poésie continue à nous habiter. 
Comme l'air que nous respirons, elle nous sera toujours vitale. 
Au fil des jours et des saisons, voici des textes qui nous semblent répondre aux interrogations du 21 me siècle 
et à notre humaine condition. 

 Tout est en route, à jamais».

 

 Andrée Chedid 

 

J’ENTENDS

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     Jean-Noël Cuénod, tout récemment, lors d'une lecture poétique à Genève.

 

«Ville sans oreille les cloches sont muettes

Le ballet des ombres agite le silence


Comme si de rien n’était elles s’étreignent

Mais les phares d’une voiture les séparent


Et la lumière s’en va poursuivre sa route

Mes pas maintenant font un bruit du tonnerre


Je suis le dieu qui chemine sans but

Brut comme un trottoir et sec comme un lendemain


Au fond de ma mort je cherche le pain de vie

Pour vous le transmettre prenez-en de la graine


 Un jour je vous le dis les cloches chanteront

Et vous verrez alors de quel feu je me chauffe.»

 

 

 

 * Extrait d'Entrailles célestes, à paraître.

 


  Jean-Noël Cuénod signera son prochain livre, Ne touche pas à mon Dieu (Editions Slatkine) le 2 mai au Salon du livre et de la presse de Genève (stand Slatkine) de 10 h.30 à 12 h.

 

 

16:41 Publié dans Culture, Lettres, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) |