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03/10/2017

PHILIPPE RAHMY, UN ECRIVAIN LUMINEUX

 Le 29 août 2017, ce dernier e-mail de Philippe Rahmy:
 «La passerelle reste lancée entre nous et je m'en réjouis!» 
J'admirais cet esprit planétaire à la plume étincelante.
Je me réjouissais de le rencontrer «en vrai».
 
Nous aurions parlé littérature, voyages,
Egypte, «Terre promise» – dont il revenait. –
Ou encore de Montricher,
qui fut pour lui un havre stimulant et affectueux. 
Mais «Vient le jour où l’enfance prend fin»*...

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«La littérature nous accorde un sursis. 

Ce qu'on écrit dépasse ce qu'on est.»

Philippe Rahmy

 

Photo: La Table ronde.

 

L'un des écrivains les plus originaux de notre pays nous a quittés le 1er octobre. Au lieu de s'apitoyer sur son sort, Philippe préférait apprendre et découvrir le monde. Il le fit avec intelligence et humilité.
En dépit de sa maladie, cet auteur de père égyptien et de mère allemande était entièrement tourné vers les autres. Ce poète et philosophe au visage d’ange et au doux sourire, égyptologue de formation, posait un regard libre, curieux et fraternel sur cette planète qu’il connaissait bien. Il l’avait parcourue de la Chine à l’Amérique et ailleurs.
Certaines dérives du 21 me siècle l’interrogeaient.

»Qui parle pour l’homme au 21e siècle ? Ceux qui bafouent la loi. Toutefois, quelle que soit l’ampleur de la crise qui nous frappe, ou parce qu’elle est aussi profonde, les principes simples pour lesquels nous nous sommes battus nous appellent à reprendre les armes» s’est-il interrogé car il ne se satisfaisait pas du monde tel qu’il est.

Philippe Rahmy était un battant et un combattant. Il écrivait avec tout son être – corps, cerveau, âme inclus – avec son érudition et son humour. Il n'était pas entravé par son immense culture. L'écriture n'était pas pour lui un simple exercice cérébral.
J'ai pleuré sur les pages qu’il a consacrées à son père, dans Monarques: elles sont sublimes de tendresse.
Parce qu’il avait reçu beaucoup d’affection, Philippe savait l’exprimer avec une rare sensibilité. Sa mort précoce est injuste.
Il nous manquera beaucoup. 

Pour mieux comprendre le monde et essayer de devenir meilleur, il s'agit de relire ses livres***. Relire Philippe Rahmy pour sa sagesse et la beauté de son écriture.

D’autres manuscrits, en travail, seront peut-être publiés un jour, bientôt, et ce sera pour nous un bonheur et une consolation.

 

 

 

 

 

 

* Première phrase de son dernier livre Monarques, La Table ronde, 2017.

** J’avais présenté BETON ARME** (La Table ronde, 2013) sous ce blog le 29 juillet 2015. Ce livre a été couronné de plusieurs prix et fut élu meilleur livre de voyage de l’année par Lire.

*** Allegra, roman, La Table ronde, 2016, fut distingué par le Prix suisse de littérature.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

25/09/2017

D'ANDREE CHEDID A JACQUES DARBELLAY

 «Rien, en poésie, ne s'achève.

Tout est en route, à jamais». 

 Andrée Chedid

 

Jacques Darbellay* était un homme aussi profond que discret,

humble et généreux.

Il s'en est allé tout récemment

après un voyage de plusieurs années au Pays d'Alzheimer.

Je lui dédie ce poème d'Andrée Chedid

qui l'avait précédé voici quelques années

sur ces mêmes chemins.

 

POUR L'AUTRE, MON AMI

«Ce mot pour toi l'Autre

Ce mot pour te dire Ami

A la veille de nos nuits

Dans ce voyage si lent

Le trop long parcours de ma vie

ralentie

 

Ce temps si court au-dedans de nos jours

Ce temps si froid au-delà des automnes.

Ce mot sera pour toi, l'Autre,

mon Ami».

 

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  La pureté d'un regard.
Jacques Darbellay: auteur, pédagogue, alpiniste et ami fidèle.

 

Photo: Georges Laurent

 

 

Jacques Darbellay*

Jacques Darbellay avait fondé en Valais une école réputée, Maya-Joie, où la rigueur de l’enseignement et l'humanisme se conjuguaient au respect de la nature et à la pratique du sport. L'écriture était sa passion. On lui doit des poèmes et des monographies, des récits (parmi lesquels L'enfant de la Rosière) et des biographies. Son excellent Maurice Chappaz à la trace, paru en 1986 aux Editions Zoé, demeure une référence.
Jacques Darbellay arpenta souvent la montagne valaisanne en compagnie du poète  Maurice Chappaz et de Georges Laurent. Il signa avec son ami photographe animalier trois ouvrages: Sur le vif (Editions Maya-Joie), Saisons à vivre  (Musumeci) et  Maurice Chappaz, le marcheur au fil des mots (Porte-plumes, 2006) qui fut son dernier ouvrage.