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27/12/2016

MAURICE CHAPPAZ: 1OO ANS ET ADOLESCENT!

Décédé le 15 janvier 2009, Maurice Chappaz aurait eu cent ans
le 21 décembre 2016.
 «A l’image d’un Rimbaud, il avait l’élan d’un adolescent-poète
qui a su maintenir la grâce une fois la jeunesse finie» 
a dit de lui et avec raison le grand Philippe Jaccottet.
C'est l'image que je garderai de Chappaz.


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Photo: Oswald Ruppen

 

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 En 1970, au Népal, avec son jeune guide.

Photo: Collection privée

 

En plus de Jours fastes (sa correspondance avec Corinna Bille, aux Editions Zoé), plusieurs livres ont paru cette année 2016.

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Corinna Bille et Maurice Chappaz, en 1974, dans l'avions les emmenant au Liban.

 

Photo: Oswald Ruppen


Les Editions de L’Aire ont publié ont publié un essai de Benjamin Mercerat Le Paradis et le Désert ainsi que mes Dialogues inoubliés (entretiens inédits entre 1971 et 2009) accompagnés notamment de magnifiques photos d’Oswald Ruppen, Georges Laurent et Philippe Pache pour la couverture.

Quant à l'un des chefs d’œuvre de Maurice Chappaz Testament du Haut-Rhône (Rencontre, 1953) suivi de Les Maquereaux des cimes blanches (Ed. Bertil Galland), il a été réédité aux Editions Zoé.

Afin d’honorer ce 100e anniversaire, l'émission Caractères  d’Espace 2 a consacré une émission spéciale qui a été diffusée le 25 décembre. Jean-Marie Félix et Anik Schuin ont interrogé Michène Chappaz, la deuxième épouse de Chappaz, Jérôme Meizoz et moi-même. 

A écouter ici:

http://www.rts.ch/play/radio/caracteres/audio/centenaire-...

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Michène et Maurice Chappaz devant L'Abbaye du Châble où ils vécurent durant vingt-cinq ans.

 

Photo: GF 

 

 

25/11/2016

PHRASES LUES: DE MICHON A GAUDE ET RILKE

Par-delà les siècles et les continents, 

il arrive que des questions surgissent
au détour d’une page.
Et que des réponses nous éclairent
dans un autre livre. 
Ce fut par bonheur le cas pour moi
ces derniers jours
grâce à Pierre Michon, Laurent Gaudé
et Rainer Maria Rilke.
 

   

«Qu’est-ce qui relance sans fin la littérature ?
Qu’est-ce qui fait écrire les hommes ?

Les autres hommes, leur mère, les étoiles,
ou les vieilles choses énormes, Dieu, la langue ?

Les puissances le savent.
Les puissances de l’air sont ce peu de vent
à travers les feuillages…»

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«Tout ce qui se dépose en nous, année après année,
sans que l’on s’en aperçoive:
des visages qu’on pensait oubliés,
des sensations, des idées que l’on était sûr d’avoir fixées durablement, puis qui disparaissent, reviennent, disparaissent à nouveau,
signe qu’au-delà de la conscience
quelque chose vit en nous
qui nous échappe mais nous transforme,
tout ce qui bouge là,
avance obscurément,
année après année, souverainement,
jusqu’à remonter un jour
et nous saisir d’effroi presque,
parce qu’il devient évident
que le temps a passé et qu’on ne sait pas
s’il sera possible de vivre avec tous ces mots,
toutes ces scènes vécues, éprouvées,
qui finissent par vous charger
comme on le dirait d’un navire.
Peut-être est-ce cela que l’on nomme sagesse…»

 

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«Que ce soit le chant d’une lampe
ou bien la voix de la tempête,
que ce soit le souffle du soir
ou le gémissement de la mer, qui t’environne –
toujours vieille derrière toi
une ample mélodie, tissée de mille voix,
dans laquelle ton solo n’a sa place que de temps à autre.

Savoir à quel moment c’est à toi d’attaquer,
voilà le secret de ta solitude:
tout comme l’art du vrai commerce c’est:
de la hauteur des mots se laisser choir
dans la mélodie une et commune».

 

 

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