ID de suivi UA-65326999-1

13/12/2014

MARWAN HAMADE: L'HONNEUR DU LIBAN

Pour Marwan Hamadé 

       en souvenir de Gibran Tuéni

             et de tous les autres.

 

 

IMG_0598.JPG

Dans la Cédraie du Chouf.

photo: gf

 

 

«Une lumière blanche…»

  Puis l’Enfer.

A la frontière de la mort.

 

Sans un joggeur qui passait par là

      le premier octobre 2004

l’ami de Hariri ne serait plus là.

 

Il n’aurait pu témoigner

dix ans plus tard 

au Tribunal de La Haye.

 

De temps obscurs au Pays du Cèdre

ponctués d’attentats non-jugés

De Rafic à Pierre sans oublier Samir. 

 

Tant de deuils inachevés!

Par la faute des collabos 

 alliés des Barbares.

 

Au nom de secrets inavouables

 certains auraient préféré il est vrai

les jeter avec leur intégrité.

 

Tout entiers

dans les oubliettes de l’Histoire

ou perdre la mémoire.


Leur cupidité et leur couardise

ont à moitié tué

le Liban.

 

 

Les enquêteurs ont lambiné

et les meurtriers se sont cachés

le temps de se faire oublier.

 

Mais quel Sage avait-il dit: 

«les crimes indescriptibles

sont imprescriptibles ?»

 

Au Tribunal de La Haye

les avocat sdes prévenus

ergotent et tergiversent.

 

 S'ils révélaient enfin

le nom du commanditaire*

 une lueur pourrait émerger.

 

Les proches des victimes 

 et les rescapés 

auraient le droit de dormir.

 

Mais voici qu’il est demandé 

au témoin lui aussi victime 

de revivre l’Indicible.

 

«Il y eut une lumière blanche

      Puis nous fûmes propulsés en hauteur.

Et ce fut l’enfer…»

 

Rescapé du carnage

     il revint miraculeusement

à la frontière de la vie.

 

Propulsé à deux cents mètres

son garde du corps 

n’a jamais ressurgi. 

 

Imaginons-le dans une Etoile

où avec d’autres frères et sœurs de malheur

il referait le Monde.

 

Un Monde où les despotes

ne feraient pas la loi

Un Monde où la Justice aurait le dernier mot.

 

Serait-ce trop demander ?

Ou le frère de Nadia* devrait-il s’excuser

d’avoir survécu ?

 

«Pardonnez-moi d’être sorti des flammes!

De ne pas être devenu amnésique

et de dire l’entière Vérité».

                 

Sa vie à la frontière de la mort

et ses quinze opérations

lui confèrent ce droit.

 

La victime a dit ce qu’elle devait.

Et il se trouverait encore des esprits pervers

pour oser le menacer ?

   

Au Pays du Cèdre hélas 

j’ai rencontré de prétendus «humains»

atteints d'une étrange cécité.

 

Aussi peureux que des lapins

Sans rougir ils ont observé:

   «Ce qui est fait est fait».

 

Et aussi – honte à eux:

«Pourquoi dépenser tant d’argent

pour ce Tribunal spécial ?»

 

SPECIAL.

 

    Et moi j’ai cru entendre:

«A quoi bon connaître la vérité?»

A quoi bon la Justice?»

 

Et je leur réponds: 

«De Belgrade à Phnom Penh

les temps ont changé».

 

Plus d’impunité pour les criminels!

La vérité et la Justice sont les seuls préalables

à un monde meilleur.

 

«Mais de quoi de qui avez-vous peur* ?

leur ai-je aussi demandé

 quand ils ont osé ironiser

 

     Sur l’Innommable vécu 

par May, Gibran et Marwan

au nom de la liberté.

 

             

En décembre 2014 à La Haye

l’oncle de Gibran*** a montré 

qu’il était l’honneur du Liban. 

 

 

 

 * A découvrir peut-être dans les deux tonnes des Archives criminelles de Bachar el Assad à Genève (in LE TEMPS, 20 octobre 2014).


** La poète Nadia Tuéni, éditée chez Seghers et à An-Nahar (décédée en 1983).


*** L’éditeur et journaliste Gibran Tuéni, le fils de Nadia et Ghassan, fut tué lors d’un attentat à la voiture piégée le 12 décembre 2005, près de Beyrouth. Il revint à son oncle, Marwan Hamadé, d’aller l’identifier à l’hôpital. Il était décapité.

 

05/12/2014

BERTIL GALLAND (4) LA SAGA D'UN EDITEUR

 L'année 2014 se termine en beauté pour Bertil Galland !
Après s’être vu décerner ce printemps à Bruxelles,
l
e Prix littéraire de l’Académie royale de Belgique, 
l’écrivain-éditeur nous avait ravis avec les deux premiers tomes
de son autobiographie.*  
Nous brûlions de découvrir son troisième tome intitulé 
Une Aventure appelée littérature romande…** et d’y retrouver,
de Corinna Bille à Nicolas Bouvier, de Jean Cuttat à Pierre-Alain Tâche, autant d’auteurs devenus les membres 
d’une «famille». 
Autant dire que, lu et relu, ce livre nous habitera longtemps.

Lire la suite