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23/02/2015

PRINTEMPS DES POETES: LAURENT COSTANTINI EN DIRECT

«Beyrouth,  même aveugle, à tâtons,
je saurai encore trouver mon chemin
et me perdre en toi.

Beyrouth, avec toi j'ai l'impression
de rester dans l'émotion folle du premier jour»*.

 

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Au Centre Universitaire Méditerranéen, à  Nice, lors du Printemps des poètes...


Le 19 mars, à Nice, l'auteur et photographe Laurent Costantini donnait une conférence au Centre Universitaire Méditerranéen. Son intervention, accompagnée de la projection de photographies d'anciennes maisons libanaises, a attiré plusieurs centaines de personnes. Celles-ci écoutèrent très attentivement les extraits de son récit Beyrouth Beyrouth ainsi que son plaidoyer en faveur d'un patrimoine architectural menacé par les promoteurs et autres carnassiers plus soucieux de rentabilité économique que de l'âme de leur pays.

 

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Très à son aise, dans la magnifique salle du CUM
pour évoquer l'architecture beyrouthine qu'elle soit ottomane, libanaise ou Art Déco, magnifiquement restaurée ou en voie de disparition.


Laurent Costantini avait été invité par le CUM à l'occasion du Printemps des Poètes. 

Le Centre Universitaire Méditerranéen a filmé l'intégralité de son intervention qui est visible sur le web (youtube) ou sur le site du CMU: www.cum-nice.org   (Laurent Costantini, 19 mars).

 

 

* in Beyrouth Beyrouth, 75 pages,  Editions Z,  www.edititionsz.ch

 

06/02/2015

RENE CHAR: CRIER SINON LE MONDE SE TAIT...

Tout est en route, à jamais».

 

 Andrée Chedid

 

LE TERME EPARS

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«Si tu cries, le monde se tait: il s'éloigne avec ton propre monde.

 

Donne toujours plus que tu ne peux reprendre. Et oublie.
Telle est la voie sacrée.

 

Qui convertit l'aiguillon en fleur arrondit l'éclair.

 

La foudre n'a qu'une maison, elle a plusieurs sentiers.
Maison qui s'exhausse, sentiers sans miettes.

 

Petite pluie réjouit le feuillage et passe sans se nommer.


Nous pourrions être des chiens commandés par des serpents,
ou taire ce que nous sommes.

 

Le soir se libère du marteau, l'homme reste enchaîné à son cœur.

 

L'oiseau sous terre chante le deuil sur la terre.

 

Vous seules, folles feuilles, remplissez votre vie.

 

Un brin d'allumette suffit à enflammer la plage où vient mourir un livre.


L'arbre de plein vent est solitaire. L'étreinte du vent l'est plus encore.

 

Comme l'incurieuse vérité serait exsangue s'il n'y avait pas
ce brisant de rougeur au loin où ne sont point gravés le doute
et le dit du présent.


Nous avançons, abandonnant toute parole en nous le promettant».

 

 

 

* In Le terme épars, Le Nu perdu et autres poèmes (1964-1975), Gallimard.