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18/05/2015

GROTTE CHAUVET: L'EMOTION PRIMORDIALE

Je reviens d’Ardèche méridionale
et je n’en suis pas encore totalement revenue…

Au chapitre de la beauté, ne comparons pas Fra Angelico à Paul Klee!

Si les tombes de la Vallée des Rois, Baalbek, Pétra, Byblos...

laisseront toujours  une marque indélébile en moi,

la Réplique de la Grotte ornée de Chauvet m’a offert tout récemment
un instant de pure émotion: rien de moins que
 la restitution
du premier chef-d’oeuvre de l’humanité.

 

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27/04/2015

LA LANGUE DES DIEUX A RENDEZ-VOUS EN SUISSE

Voici quelques semaines, je vous annonçais la sortie de mon nouveau-né: 

La langue des dieux, aux Editions de L'Aire, 

dédié à Louis Selim Chedid et Bertil Galland.

 

Après en avoir lu des extraits à la Librairie Le Baobab, à Martigny, après l'avoir dédicacé au Salon du livre et de la presse de Genève, début mai, 

 puis à la Librairie Payot de Lausanne, en présence de Louis Selim Chedid,

j'en ai donné une lecture vendredi 26 juin à la librairie La Liseuse, à Sion,  en compagnie de Maxime et Maryse Pietri, parmi d'autres éditeurs et artistes.

La rencontre était intitulée «Des mots et des sons» car elle fut aussi animée par un percussionniste dont les sons furent aussi surprenants qu'harmonieux.

J'aura d'autres rendez-vous avec les lecteurs de La langue des dieux en Suisse et ailleurs, notamment au Liban, d'ici à la fin de l'année.

 

 

 

La Langue des dieux vue par des écrivains 

 

«Quelle approche illuminante, respectueuse, d’une femme, d’une sœur d’élection, frappée par ce mal qui nous reste mystérieux puisque la seule communication est la «la langue des dieux».

C’est un livre tout empreint de tendresse, de douceur, dans l’évocation de Marie mais aussi celle de votre compagnon, cette «irremplaçable tendresse».

 

Annie ERNAUX

  

«Magnifique, ce livre, et pleine de finesse l’évocation de cette femme remarquable dont la mémoire s’effondre au grand dam de son entourage. Tu as élevé le texte à un haut niveau parce qu’à la fin on se dit qu’elle va rejoindre le paysage de la photo de couverture, les cèdres et les sommets. Malgré la présence passée de ce pays déchiré, on sent une sérénité.

Et puis, il y a ton écriture musicale et tout en finesse, bref un très beau livre qu’on a envie de relire, en piochant par-ci par-là des petits morceaux, comme on le fait pour un poème.     

Que cette Langue des dieux soit entendue ici et au loin».

 

Janine MASSARD

 

 et par la presse

Entretien du 27 juin à Entre les lignes avec Jean-Marie Félix et Marlène Métrailler.

https://www.rts.ch/espace-2/programmes/entre-les-lignes/6...


Marc-Olivier Parlatano (LE COURRIER, 5 juillet 2015).

 

«Au fil du temps, les mots sont devenus tes maux. J’ai perdu la parole, c’est ainsi, essaies-tu de nous faire savoir en levant les mains.»
La narratrice s’adresse à Marie dans l’espoir de contrecarrer le mauvais sort qui l’a rendue muette. Aphasique. A la suite d’un choc? Nul ne sait comment ce mutisme s’est imposé à Marie, et la narratrice tente de retracer le passé de celle-ci et des siens. D’où l’idée d’une langue de l’affection, qui ne bute pas sur les défaillances du langage parlé et permet de communiquer malgré tout; c’est ainsi que peut être compris le titre du dernier ouvrage de Gilberte Favre, La Langue des dieux.

Formé de courtes sections introduites chacune par une citation (notamment de René Char, Rimbaud, Maurice Chappaz ou Andrée Chedid), il mène le lecteur à maintes reprises au Liban pendant ou après la guerre civile (1975-1991), voire même des décennies avant la conflagration. On y côtoie des femmes et des hommes de la lignée de Marie, chaque figure évoquée ravivant la flamme de l’un ou l’autre des souvenirs de famille, du parfum des fleurs aux galettes libanaises, quand il ne s’agit pas de l’écho d’une promenade dans Beyrouth.

 

Les sens sont ainsi sollicités: «Des morceaux de musique remontent à ta mémoire», murmure la narratrice persuadée qu’«il existe un ailleurs au-delà des mots». Du Chopin joué à Baalbek, une mélodie de Sœur Marie Keyrouz, autant de jalons sur l’itinéraire de la mémoire. En somme, «le corps s’en va, le cœur demeure», souligne la narratrice. Avant de conclure sur un post-scriptum empreint de rêve, d’espoir sinon d’utopie: «La prochaine fois que je reviendrai, le Moyen-Orient ne serait plus à feu et à sang. Chaque après-midi, je te conduirai sur votre balcon-jardin.»  Cette capacité à refuser la désillusion et le cynisme préserve La Langue des dieux de l’écueil de la tristesse. Ce «dialogue» avec Marie aurait pu se révéler sombre, mais grâce à son élan sentimental et poétique, il ne l’est pas».

 

 Djalila Dechache

«C'est une longue lettre, écrite à voix haute, destinée à une amie du Levant, du pays des cèdres, de la douceur de la jeunesse et de l'amitié.....Beaucoup de références littéraires et culturelles jalonnent l'ouvrage, de Camus à J. London et Gibran sans compter les citations d'un bon nombre d'auteurs, de poètes et proverbes.

Dans ce pays cosmopolite, libre et plein d'allégresse, l'amitié devenait élixir de bonheur.

C'est le cas entre Julie, la narratrice et Marie, une jeune femme brillante, intelligente, issue d'un milieu favorisé, «fille du Mandat français», tout lui souriait jusqu'au jour où elle se retrouve clouée sur la chaise roulante de l'handicapée. Marie a perdu tout ce qui la caractérisait, dynamisme et joie, et se met à frapper, coups de pieds et de poings, de toutes ses forces sur la porte...Incapable de se mouvoir seule, elle décline peu à peu, la maladie incurable gagne du terrain.

 

Bhebek ya Lubnan - Liban je t'aime

Le pays de la langue des dieux selon la narratrice....Beyrouth, Byblos, le Chouf, Baalbek....combien de poètes libanais ont chanté, vanté, adoré, poétisé leur pays ? Tous ou quasiment.

Le Liban vante le vie, qu'elle soit citadine, ou rurale, le pays où tout est beau, au goût de zaatar et du lebné, des mézés, du dabk, de Fairouz et de Sabah, le pays où tout est musique, où tous savent chanter, le Liban porte en lui le sens de la famille et de l’accueil.

Des personnes émergent du tableau, dont Lara, l'aide-soignante, l'aimante assistante de vie, «saved» par Marie. Lara sera toujours auprès d'elle, par gratitude, par dévotion, par abnégation.

Nicolas, le mari de Marie, tout en présence légère, répète chaque jour que « tout ce qui compte est que Marie soit heureuse ».

La narratrice fait état des moments avec son amie au Liban et ailleurs. L'évocation de bonheurs simples entre la guerre, la maladie et puis la guerre et puis la maladie.....Tous les sens sont à l'affût y compris les sens enfouis, éveillés par la terre des dieux, la langue des dieux « il suffit d’ouvrir ses oreilles et son cœur pour l’entendre, il suffit de beaucoup d’amour et de patience pour l’apprendre » dit la narratrice et l’auteur.

Les rêves deviennent prémonitoires, tout y est prière, la nature s'exprime, parle aux humains, aux pierres, au vent, du sens se niche partout parce qu’il « existe un ailleurs au delà des mots » .....Région du monde jonchée de couches superposées de morts et où pourtant la vie est sacrée !

Cette « terre de lait et de miel », cette partie de terre du triangle d'or où les religions de Livre ont vu le jour. Cela n'est pas étonnant qu'elle reste porteuse de vibrations intenses, d'événements inattendus, de transmissions invisibles, d'attachement inexpliqué... Gilberte Favre réussit à nous immerger dans un univers qui peuplera les esprits bien après la lecture».

 

Le pouvoir des mots et de la poésie 

Que faire face à une maladie sans nom mais qui progresse irrémédiablement ? Que faire lorsqu’un être que l’on aime cesse soudain de communiquer et paraît errer dans des espaces connus de lui seul ? Que faire pour vaincre les obstacles d’un corps vieillissant et accompagner une amie dans une nouvelle et terrifiante aventure? 

La narratrice de La langue des dieux, le nouvel ouvrage de Gilberte Favre, a choisi de répondre à ces questions en se battant. Qu’importe si sa «grande sœur naturelle», sa fidèle compagne de route, ne semble plus ni la com- prendre ni même l’entendre, elle continuera à lui parler coûte que coûte, faisant le pari qu’il existe, au-delà des mots, un langage qui se trans- met par d’autres moyens. Elle décide alors de communiquer par l’amour, par la musique qui va directement toucher les âmes, par la tendresse des souvenirs évoqués dans un murmure ou par une simple présence silencieuse et réconfortante. 

A la manière d’un long monologue intérieur, Gilberte Favre évoque alternativement le Liban, ses splendides paysages et son histoire récente et brutale, le temps qui passe, sans jamais céder au pessimisme toutefois, et le pouvoir invincible de l’amitié et de l’amour. On voyage avec elle entre l’Europe et les rives asiatiques de la Méditerranée. On sourit à l’évocation d’un souvenir qui pourrait être le nôtre. On hume les odeurs de café décrites avec poésie et on se laisse émouvoir par le récit poignant de ces relations indéfectibles qui font tout le piquant de la vie.  

Ces 112 pages dédiées à Louis Selim Chedid – le mari d’ Andrée – et à Bertil Galland sont à déguster sans modération à l’ombre d’ un grand cèdre, sur un bateau mouche parisien ou alors n’importe où, entouré de ceux qui vous aiment. 

 

Gaëlle Kovaliv  Journal Littéraire

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* Ed. de l'Aire / 112 pages / ISBN 9782940537310 

 La langue des dieux est disponible dans toutes les bonnes librairies et chez l'éditeur: www.editions-aire.ch