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06/07/2015

AU PAYS DE L'ENFANCE «MODERNE» ET ETERNELLE

Qu'en est-il de l'enfance dans nos pays dits «civilisés»?

Leur esprit d'émerveillement se serait-il totalement volatilisé,
écrasé par l'omniprésence des ordinateurs ?

A voir, à lire et à entendre!

 

Tout récemment*, Matthieu Riccard nous faisait part de son inquiétude.

«Lors d’une promenade dans la campagne française, un ami me disait : « Autrefois, à la saison des cerises, nous étions tous dans les arbres à nous régaler. Maintenant, les cerises restent sur les branches. Les enfants d’aujourd’hui ne grimpent plus aux arbres.  Ils sont généralement devant leurs ordinateurs. »

 

Et le fils du philosophe Jean-François Revel, devenu moine bouddhiste et  interprète du Dalaï-Lama, de nous apprendre que les enfants d’aujourd’hui joueraient «dix fois moins ensemble, dans les lieux publics, la rue notamment, qu’il y a trente ans». 

Le docteur en génétique cellulaire se base sur des études scientifiques pour affirmer que «le contact avec la nature se limite souvent à une image de fond d’écran d’ordinateur» et que « les jeux sont de plus en plus solitaires, virtuellement violents, dénués de beauté, d’émerveillement, d’esprit de camaraderie et de satisfactions simples». 

 

L’agriculteur et philosophe Pierre Rabhi partage ce constat:

«On voit s'ériger des générations d'enfants qui faute d'un éveil à la vie, sont réduits à n'être que des consommateurs insatiables, blasés et tristes».

 

Ces observations reposent sur une réalité à déplorer. Que deviendra un monde où les enfants ne sauraient plus jouer ensemble ?

Et une planète qui laisse ses fruits pourrir sur les arbres tandis que vingt mille enfants, au moins, meurent chaque jour de faim ?

 

Du goût des cerises...

En ce qui me concerne, une cueillette de cerises «sur l'arbre» dans un jardin genevois figure parmi mes plus lumineux souvenirs d’enfance. 

Des années plus tard, dans la campagne de Bussigny, les cerises de l’arbre que nous avions loué à un agriculteur avaient gardé le même goût.

Serait-ce dû à la première cueillette de cerises sur l’arbre, j'ai gardé jusqu’à ce jour la passion irrémédiable des cerises – des bigarreaux bien croquants et dodus – que je croque avec délice de l’Italie à la Provence, partout où le soleil les a couverts d’affection.

Dans mon village de la montagne suisse, mes petits voisins sont tristes parce que le cerisier de leur grand-mère est «malade». Il ne donne plus de cerises. 

Mais il leur reste par bonheur fraises, framboises et salades à voir grandir et à cueillir.  

Ces enfants-là fabriquent des cannes à pêche avec des bouts de bois et des ficelles. Ils créent des herbiers et des mosaïques naturelles, veillent sur leurs chats, rendent visite à l'agneau nouveau-né du voisin.

S’ils savent aussi utiliser un ordinateur, ils prennent le temps de regarder les étoiles, d’observer les fourmis et de dialoguer avec leur entourage.

 

J’ai bien de la chance de les avoir pour voisins.

Suis-je restée une enfant, je ne me lasse pas de les observer ni de jouer avec eux, parfois, car il ne faudrait pas trop les déranger, serait-ce dans les rires, avec des livres et des poèmes aussi...

 

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Dans mon petit village, les enfants savent aussi regarder les couchers de soleil (ici sur Les Dents-du-Midi) et les nuages...

 

photo: gf

 

Les enfants seuls

 

Sobrement intitulé Les enfants seuls**, le premier livre de Céline Cerny déborde de tendresse et de poésie. La jeune maman auteur et chercheuse en littérature connaît bien l’univers de l’enfance. Elle est la maman de Clara et Merlin, à qui elle a dédié son recueil.

De Lisa à Dolorès, de Léon à Tony, Céline Cerny a su faire parler une vingtaine d’enfants «seuls». Elle a d’abord pris le temps de les écouter avec respect et empathie. Ce que nous disent ces enfants mérite d’être entendu.

 

«J’aime courir vers les clairières et recevoir la chaleur du soleil. J’aime croire que je me suis aventurée si loin que plus personne ne se doute de mon existence…» a dit Joëlle à Céline tout en poursuivant: «Il faudrait arrêter de se laver, pour garder sur la peau la saveur du soleil».

Quant à Lucie, qui rêve d’être cosmonaute depuis que son grand frère l’a initiée à l’univers des étoiles, elle se pose bien des questions le soir, sous ses couvertures: «J’ai bien compris le fonctionnement du système solaire, il y a d’autres planètes et d’autres galaxies. Je tente aussi d’imaginer ce qu’est un trou noir, une densité sombre et silencieuse dans laquelle tout disparaît. 

Oui, mais après, il y a quoi ? après, encore bien plus loin que tout ça, il y a quoi?»

 

Il y a quoi ?

Vous l'aurez saisi. Mystères, joies, tristesses et rêves cohabitent à chaque page de ce précieux petit livre.

 

 

* Blog de Matthieu Riccard:  www.matthieuricard.org

 

** Les enfants seuls, Editions d’Autre part, 132 pages.

 

 

www.dautrepart.ch

 

 

23/06/2015

PHRASES LUES (14) PAROLES DE SAGES

Ces temps nous interrogent sur des points essentiels:
la surconsommation est-elle compatible avec le bonheur,
la mondialisation avec la démocratie ?
Dans la riche Bibliothèque d'une maison-amie,
au cœur de l'arrière-pays niçois,
nous avons trouvé de bienfaisantes paroles de sagesse.

 

KAMAL JOUMBLATT (politicien, philosophe druze, Liban, 1917-1977).   

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«J’estime qu’il faut vivre modestement car, finalement,

c’est la vie simple qui fait la joie…

Je ne crois pas en cette société absurde et laide de consommation.

L’argent devient un microbe pernicieux

s’il ne contribue pas à aider les autres».

 

PIERRE RABHI (agriculteur et philosophe, 1938).

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« Il nous faudra répondre à notre véritable vocation,

qui n'est pas de produire et de consommer jusqu'à la fin de nos vies,

mais d'aimer, d'admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes».

 

 

 

Ghassan Tuéni (éditeur, écrivain et politicien libanais, 1926-2012).

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«En ces temps de mondialisation, ne nous faut-il pas réinventer la démocratie
pour sauver «l'espérance de l'Humanité» ? 

Une démocratie des peuples à l'échelle universelle,
et que guidera 
une science inspirée par la philosophie de l'esprit
et non par les arithmétiques de la matérialité».


 

Roger Godel* (médecin et penseur français 1898-1961).

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Ici avec son épouse, Alice Godel, poète et mère d'Andrée Chedid.

 

 

«Il n'y a pas d'autre science, au sens vrai du terme,

que la science de l'amour»…

 

Des livres

Kamal Joumblatt: Pour le Liban, Editions Stock, 1978.

Pierre Rabhi: Vers la sobriété heureuse, Actes Sud, 2010.

Ghassan Tuéni: Enterrer la haine et la vengeance, Ed. Albin-Michel, 2009.

Roger Godel: Un compagnon de Socrate, Éditions Flammarion, 1992.

 

 

* Roger Godel aura une influence prépondérante sur la pensée et le vie de Kamal Joumblatt.  Né en 1898 à Londres,  il fut médecin-chef de la Compagnie du Canal de Suez. Ce philosophe fut passionné par Platon et par l’Inde où il séjourna à de multiples reprises avec Kamal Joumblatt ainsi qu'avec l'orientaliste français Jean Herbert.

Le Dr Roger Godel a en outre préfacé l'ouvrage de Robert Linssen intitulé De l'amour humain à l'amour divin et dont l'avant-propos fut signé Jean Herbert, un proche ami de Nikos Kazantzaki...