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24/02/2019

LA MEDITERRANEE TRAGIQUE D'AUJOURD'HUI

 Sous une élégante et sobre jaquette,
les Editions de L’Aire viennent de publier
 
La Méditerranée tragique d’aujourd’hui de Salah Stétié.
Un thème d’actualité analysé par un grand poète libanais aujourd’hui nonagénaire
qui a connu sa patrie
des temps lumineux aux temps obscurs.

 

Né au Liban sous le Mandat français, professeur, critique d’art, il assuma des responsabilités diplomatiques et gouvernementales lors de la Guerre de 1976-1991. Les guerres n’ayant pas ménagé sa patrie,  Salah Stétié exprime une sorte de désarroi. «Chacun, de sa larme secrète, arrose une fleur connue de lui seul» écrira-t-il songeant à ce pays des Cèdres sacrifié sur l’autel des querelles suicidaires et internationales.

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Salah Stétié photographié à New York par Caroline Fourgeaud-Laville.

 

Un avant-propos remarquable

Signées Louis de Saussure, les lignes qui précèdent le texte du Libanais sont éclairantes. 
«La Méditerranée, rappelle le jeune auteur genevois, est le creuset de notre monde, notre centre névralgique, nos unions belles et difficiles, nos vents et nos marées; comme elle vibre, ainsi nous vibrons aussi. A elle seule,  elle suffit à évoquer l’humanité toute entière…»

Louis de Saussure a rencontré Salah Stétié à Athènes «un soir d’or» surplombant le Parthénon. Ils s’étaient d'abord connus autour du post d’un réseau social montrant un extrait de Baisers volés où joue Delphine Seyrig...Delphine Seyrig, née à Beyrouth et fille du grand ami de Stétié, l’archéologue français Henri Seyrig et d’Hermine de Saussure, la navigatrice genevoise arrière-arrière-petite-fille de Horace-Bénédict de Saussure et lointain parent de Louis.

Un jour à Byblos, Henri Seyrig, qui devait notamment fonder l’Institut français du Proche Orient, rencontra Miette de Saussure. Bientôt, ils se marièrent et les Seyrig devinrent amis avec Georges Schéhadé et Salah Stétié parmi d'autres artistes.

 

Du Liban sous le mandat français à aujourd’hui

Mais rien n’est figé dans le temps. 

«En 2015, les guerriers du soi-disant «Etat islamique» dynamitent le temple de Bel à Palmyre», édifice qui avait été mis au jour par Henri Seyrig.

Un an plus tard, Stétié était à Neuchâtel, où Seyrig est décédé en 1973, afin d’y lire à la Faculté des lettres et sciences humaines, le texte aujourd’hui publié par L’Aire. Salah Stétié rêvait de voir  son recueil «d’inspirations et stratégies» publié en Suisse, «ce pays qui a déclaré la paix au monde». Grâce à Louis de Saussure, qui en fut l’heureux récipiendaire, le rêve du poète libanais est devenu réalité.

 «Texte ample et puissant, d’une grande beauté, La Méditerranée tragique d’aujourd’hui nous parle avant tout de nous-mêmes et de notre avenir, puisque cette mer baigne nos esprits depuis toujours, que nous le voulions ou non», explique Louis de Saussure.

Et de préciser: «Le Liban est un concentré de la Méditerranée: religions entremêlées, amitiés cosmopolites, ententes fragiles, explosions insensées, mais qui fut un temps prospère, temps paisible dont Stétié porte encore le deuil discret». 

Salah Stétié n’est pas le seul à porter le deuil de ce pays suspendu entre cèdres et Méditerranée, et que nous avons tant aimé...

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Le Liban (ici, près de Bécharré) lors d'un temps prospère et paisible...

 

Photo: Gilberte Favre

 

 

 

 

* Editions de L’Aire, collection Le banquet, 106 p.

15:18 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, Genève, Histoire, Lettres, Monde, Politique, Solidarité, Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/01/2019

PHRASES RETENUES (12) LE CLEZIO

 D'un livre à l'autre, 
des phrases m'agrippent, 
me hantent, me poursuivent.
Comme ces lignes de Le Clézio
extraites de La fête chantée.*
Entre 1970 et 1974,
l'écrivain partagea la vie
de tribus amérindiennes du Panama,
les Emberas et les Waunanas. 
Cette expérience changea sa vie.
Petit extrait de ce livre flamboyant.

 

ECRIRE ET LIRE LA NUIT

 

 

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Quatre ans chez les Amérindiens ont changé sa vie.

 

Photo: Ed. Gallimard 

 

«Je veux parler de Dzibilnocac

parce que cette légende

d’un lieu solitaire où on écrit la nuit me paraît belle.

Belle comme la chambre d’ombre,

le lieu où on est le mieux au monde

pour oublier le monde

et entrer seul dans les signes,

qu’ils soient gravés sur la pierre,

peints sur les feuilles de papier pliées en accordéon

ou imprimés

sur les pages serrées des livres  sans images,

qu’on tourne lentement dans le silence de la nuit.

Ecrire de nuit, lire de nuit,

c’est le plus extraordinaire et le plus

facile des voyages».

 

 

In La fête chantée, Ed.  Gallimard (Le Promeneur), 1997.

17:11 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, France, Lettres, Monde, Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) |