ID de suivi UA-65326999-1

17/05/2019

LAURENT GALLEY: POETE ET PHILOSOPHE

A la fois poète et philosophe «engagé», Laurent Galley a une sensibilité d’écorché et c'est  avec une infinie modestie qu’il respire la littérature et la musique. Il écrit, de la poésie et des essais, et photographie avec le même bonheur. Si ce Genevois, notamment blogueur sur Mediapart, se distingue par sa fraîcheur et son originalité,  il n’est pas dénué d’esprit critique et ose souligner la déshumanisation de notre société. 
Ce jeune écrivain est en somme à la recherche du Monde idéal car notre planète souvent le révolte par sa violence et ses incohérences tandis que la Nature l’émerveille. Alors il la photographie – de l’oiseau aux nuages, des insectes aux arbres et le ciel aussi dans tous ses états – afin de la perpétuer et de la sauver. 
Interlocuteur de grands philosophes et compositeurs français, Galley vient de publier son premier ouvrage, Passage à gué, – des poèmes –,   qui s’ouvre sur une citation de René Char: «Du vide inguérissable surgit l’événement et son buvard magique».

Au fait, il y a de la magie dans le regard de Laurent Galley. Il est insatiable d'harmonie que ce soit au Pays des mots, des sons et des images. Ce pays sans fin qu'il souhaite, comme nous, couronné de Beauté et de  Bonté. 
Mais on peut aimer les oiseaux et s’interroger sur la marche  du monde…Signés Laurent Galley, d’autres livres sont en chemin…On en redemande de cette plume éclairée que L'Aire a su découvrir.

  

IMG_0603 (2).jpg

Laurent Galley: une plume originale pour un regard habité par l'Art et l'humanité.

 

Plaisir des étoiles

 Plaisir des étoiles dont le sourire est imaginaire

De quel sourire êtes-vous porteuses ?

Mes sœurs lumineuses…

Celui d’Apollinaire au mépris des balles et de la guerre ?

Au mépris des amours inattentifs et perdus

Au mépris des eaux troubles du Pont Mirabeau

Qui s’écoulent languides en continu

Ce clignement de terre dans le silence des rues

Sous la précieuse cohorte du rêve qui les portent

Ces étoiles à demi-nues s’ouvrent au-dessus des portes

Bien au-dessus des enseignes et des prières communes

La lune comme un phare dans la brume

Et ces horizons promis sur lesquels je dois signer».

 

 

 

* Passage à gué, poèmes,108 pages, à L’Aire (collection métaphores, dirigée par Xochitl Borel et Arthur Billerey). 

https://blogs.mediapart.fr/laurent-galley/blog 

 

 

15:16 Écrit par Gilberte Favre dans Culture, Genève, Images, Lettres, Monde, Musique, Nature, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/04/2019

PHRASES LUES (13) SYLVAIN TESSON

 D'un livre à l'autre, 
des phrases m'agrippent, 
me hantent, me poursuivent.
Comme ces lignes de Sylvain Tesson
extraites de «Les chemins noirs».*
Bien que gravement meurtri dans son corps,
après une chute vertigineuse et alcoolisée,
Tesson traverse la France à pied
du Mercantour au Cotentin en guise de rééducation.
Il a fait ses adieux à l'alcool. 
Ses mots n'en sont que plus sublimes.

 

 

De mes vagabondages avec Sylvain Tesson marcheur convalescent j'ai retenu quelques perles salutaires. Esprit critique, humour, poésie, sagesse et mélancolie y cohabitent en permanence. Ici et là, qu’il dorme dans une bergerie ou sur la terre humide de la forêt,  il croise parfois le visage de sa mère «envolée» quelques mois avant sa chute. En côtoyant les habitants d'une  France rurale souvent abandonnée, il réfléchit au sort du monde. 
Miraculé, l’aventurier-philosophe s'était promis de parcourir les chemins de la France profonde, le nez dans les étoiles. Pari réussi!

  

Unknown-1.jpeg

Unknown-2.jpeg      

     «Moi, je trouvais désinvolte d'avoir couru 

le monde 
en négligeant le trésor des proximités».

 

 

«Les historiens avaient inventé des expressions pour classer les époques de l’humanité: l’âge de la pierre, l’âge du fer, l’âge du bronze s’étaient succédé, puis les âges antiques et féodaux.

Ces temps-là étaient des temps  immobiles.

Notre époque consacrait soudain un «âge du flux». Les avions croisaient, les cargos voguaient, les particules de plastique flottaient dans l’océan. La moindre brosse à dents faisait le tour du monde, les petits Normands partaient au djihad pour poster des vidéos sur YouTube. Les hommes dansaient sur l’échiquier. Ce tournis avait même été érigé en dogme. Une culture se devait à la circulation et aux contacts si elle voulait une chance de se voir célébrée. L’ode à la «diversité», à l’«échange», à la «communication des univers» était le nouveau catéchisme des professionnels de la production culturelle en Europe.

La crise de Parkinson de l’Histoire portait le nom de mondialisation…»

 

* La plupart des livres de Sylvain Tesson ont été publiés chez Gallimard.