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16/02/2014

NOUREDDINE ZAZA: L'HUMANISME EST ETERNEL

«Tant que l'être humain sera persécuté et piétiné, un peu partout à travers le monde, l'humanité ne pourra pas rêver de jours meilleurs»*.


Noureddine Zaza savait de quoi il parlait. Dès ses six ans, sous l'Empire ottoman, il aura été confronté, dans son esprit et dans sa chair, à l'arbitraire qui toucha (et touche encore) le peuple kurde.

Plus de vingt-cinq ans après son décès, certains n'ont apparemment pas oublié celui qui fut surtout un écrivain, un linguiste et un éditeur courageux.  Noureddine Zaza prit en effet le risque de publier «sous le manteau» les œuvres de poètes classiques kurdes interdits et même de les déclamer sur les ondes de la radio libanaise sous Mandat français. 

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Au Kurdistan d'Irak, l'un des camps de réfugiés destinés aux jeunes, porte le nom de

Noureddine Zaza.


Les études contre la guerre

Tandis que la guerre ravage la Syrie, de nombreux Kurdes vont se réfugier au Kurdistan d'Irak. Le gouvernement d'Erbil a choisi de donner le nom de Noureddine Zaza à un centre social hébergé dans un de ses camps. Celui-ci a pour objectif d'aider les étudiants réfugiés à poursuivre leurs études dans les Universités du Kurdistan.

 

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Un humaniste polyglotte qui rêvait d'un Moyen-Orient sur le modèle helvétique.

 

Un message de tolérance

Docteur en pédagogie de l'Université de Lausanne, le fondateur et premier président du Parti démocratique kurde de Syrie (aujourd'hui divisé en 13 partis…) a toujours motivé les jeunes sur le chemin des études.

Lui-même était polyglotte. Passionné de littérature et de musique, il aimait  surtout Aragon, Eluard, Victor Hugo, Nazim Hikmet, Schubert et Mozart aussi bien que la musique kurde.

En dépit des années de torture subies dans les prisons arabes, ce fervent démocrate et humaniste ne connut jamais le ressentiment. Il ne cessa de plaider, dans ses écrits, dans ses conférences et médias, en faveur de la démocratie et rêvait d'un Moyen-Orient basé sur le modèle suisse où toutes les communautés (Arabes, Druzes, Arméniens, Kurdes, chrétiens, musulmans, juifs) auraient cohabité dans un esprit de tolérance.

Son rêve sera demeuré un rêve...
Mais le calvaire des peuples du Moyen-Orient lui aura été épargné.


P.S. Il est décédé le 7 octobre 1988. En ce temps-là, la Suisse ne connaissait pas encore le langage de la haine comme on le voit fleurir depuis quelques années.

 

 

* http://fr.wikipedia.org/wiki/Noureddine_Zaza

** In Ma vie de Kurde, Editions Z, Lausanne.

 

 

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