ID de suivi UA-65326999-1

13/04/2013

GHASSAN TUENI: L'HUMANITE EST UNE ET MONDIALE

 Ghassan Tuéni nous a quittés il y a bientôt un an, le 8 juin 2012.
Mais il nous accompagne toujours.
A l'initiative de l'Institut du monde arabe et de la Fondation Ghassan Tuéni, un colloque lui sera consacré le vendredi 26 avril à Paris.*
Modéré par l'historien Gérard D. Khoury cet hommage sera animé
par
 Amin Maalouf de l’Académie française, l’ambassadeur Nassif Hitti, 
porte-parole du secrétaire général de la Ligue Arabe
et par l’ancien ministre
Marwan Hamadé. 
En prélude à ce colloque, voici quelques citations** de celui qui était 
«la conscience incorruptible du Liban» et un visionnaire.

 

photo Ghassan.jpg

Pour Ghassan Tuéni, «les sociétés les plus diverses sont dans la recherche de la liberté, du bonheur et de la justice».

 

«La civilisation n'est pas tributaire de puissance, mais d'un esprit, d'une contribution au temps qui lui assure une pérennité dans l'espace historique. Confondre puissance et civilisation, c'est ignorer que l'être – l'exister – n'est ni facteur de force, ni son synonyme ontologique»

 

«Face aux guerres de religion – expression extrême mais combien illusoire du choc des civilisations –, il y a la communion constante des sociétés les plus diverses dans la recherche de la liberté, du bonheur et de la justice. Seule cette recherche exprime la beauté de l'être, puisqu'elle le préserve en chacun de nous au lieu d'aspirer à le détruire. Car l'être, c'est aussi le miroir de l'autre».

 

 «Au-delà du pouvoir, l'héritage culturel perdure quand s'effrite la puissance. Les cultures ne s'annulent jamais: bien au contraire, elles s'enrichissent l'une l'autre perpétuellement. Elles nous mènent vers la sereine conviction que l'humanité est une et mondiale».

 

«Oui, donc, à une mondialisation de la culture, mais non à une brutalisation du patrimoine spirituel qui enrichit l'humanité. Oui, au dialogue vecteur de synthèse, mais non à l'absolutisme fanatique, destructeur des aspirations, de l'esprit et de l'intelligence de l'autre. Tout dialogue qui ne relève pas d'une phénoménologie de l'unité humaine est un péché contre le sens même de la raison».

 

«Pour éclairer la société internationale dans sa recherche de la paix et la nécessité d'y accéder, je ne trouve de meilleure lecture que l'opuscule d'Emmanuel Kant intitulé Zum ewigen Frieden: un traité pour la Paix perpétuelle. Un livre souvent ignoré, qui définissait prophétiquement, en 1795, la paix perpétuelle comme un impératif moral catégorique.»

 

«En ces temps de mondialisation, ne nous faut-il pas réinventer la démocratie pour sauver «l'espérance de l'Humanité» ? 
Une démocratie des peuples à l'échelle universelle, et que guidera
une science inspirée par la philosophie de l'esprit et non par les arithmétiques de la matérialité».

 


A lire

Une guerre pour les autres, Paris, Éditions JC Lattes, 1985.
Un siècle pour rien. Le Moyen-Orient arabe de l'Empire ottoman à l'Empire américain, avec Jean Lacouture et Gérard Khoury (Albin Michel), 2002. 
Enterrer la haine et la vengeance : une vie pour le Liban, Paris, Albin Michel, 2009.

 


1, rue des Fossés Saint-Bernard - Place Mohammed V (5 me arrondissement). 

Entrée libre dans la limite des places disponibles. 


** In Dialogues et péchés d'empire, ESPRIT, mai 2003.


Les commentaires sont fermés.