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22/12/2012

CHOSES VUES AU LIBAN (7) CONCERT A L'EGLISE DES CAPUCINS

Mes récentes semaines au Liban furent alourdies par un bombardement et la guerre en Syrie mais surtout éclairées
par des visages et paysages inoubliés. L
oin des analyses  politiques, en voici quelques reflets :


Si je pouvais choisir mon cadeau de Noël, je demanderais une baguette magique. Celle-ci me transporterait la nuit du 24 au 25 décembre à l'Eglise des Capucins de Beyrouth. Mais avant tout, cette baguette aurait pour effet de donner la raison à ceux qui l'ont perdue, au Moyen-Orient et ailleurs. Elle métamorphoserait les dictateurs et autres fanatiques en êtres véritablement humainsMa baguette redonnerait une maison à tous les sans-abri (qu'ils soient réfugiés syriens, palestiniens et pauvres du Liban, de Syrie et de toute cette région du monde) sans oublier les Roms méprisés dans les pays de l'Est comme en Europe occidentale. Elle inciterait les richissimes de ces pays, qui ne savent parfois plus que faire de leur fortune à partager leurs biens avec leurs compatriotes moins privilégiés.

Ma baguette instaurerait une Paix définitive et durable en Terre dite «sainte» et où il y a bien évidemment de la place pour deux Etats: Israël et la Palestine. Terres et biens usurpés aux Palestiniens seraient restitués ainsi que l'ONU l'avait décrété en 1967. Quant aux personnes lésées, elles seraient indemnisées même si l'argent ne remplace jamais l'Irremplaçable et une patrie perdue...Il y a des descendants de la Shoah pour comprendre cette douloureuse évidence.

Ce miracle étant réalisé, j'aimerais me retrouver à l'église des Capucins de Bab-Edriss, à Beyrouth (dite aussi Cathédrale Saint- Louis), une merveille gothique datant de 1868 et qui a retrouvé son identité originelle depuis sa restauration en 1995. Après un sérieux décapage, les vieilles pierres apparurent sous le crépi qui les recouvrait depuis des siècles. Face à tant de Beauté, les saccages de la guerre s'envolèrent!

 

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L'Eglise des Capucins de Bab-Edriss, à Beyrouth, était comble le 18 octobre 2012, pour entendre Max Bruch et Schubert par le Quatuor musique del tempo.

photo: copyright gf

 

Dédé Hourani: l'art et le don du partage

Voici deux mois déjà, Evelyne et Henri m'avaient emmenée à un concert offert en ces lieux par l'artiste-peintre et mécène Dédé Hourani. Dans cecadre unique, à la sonorisation parfaite, le Quatuor musique del tempo interpréta des oeuvres de Max Bruch et Schubert. Dédé Hourani n'en resta pas là. Elle invita ensuite le public à une réception à la fois intime et chaleureuse dans la cour intérieure de la Cathédrale Saint-Louis où les robes des capucins côtoyaient, entre autres, les toilettes élégantes mais sobres des mélomanes. Pour la généreuse hôtesse de ce concert, (http://dedehourani.co), le partage est chose naturelle: «Quand Dieu donne de la lumière, il la donne à tous». 

 

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Le pianiste du quatuor libanais ne se lasse pas d'entendre la sonorité
de l'Eglise des Capucins à Bab Edriss.

photo: copyright gf 

Joignant la parole aux actes, l'artiste-peintre a aussi créé, à Kaslik, un centre artistique et scientifique – le Selecteum des Arts et des Sciences –destiné à la promotion des arts, des lettres et des sciences ainsi qu'un musée. 

L'exemple inoublié du père

Faut-il avoir souffert pour être doué d'une telle sensibilité à l'art et d'une telle ouverture aux autres ? La famille Hourani n'a pas été épargnée par les épreuves. Installée au sud du Liban, cette famille chrétienne possédait aussi des terres en Palestine. C'est là-bas que le frère de Dédé, Monzer (www.monzerhourani.com) naquit en 1944. Quatre ans plus tard, les Hourani doivent quitter la Palestine pour demeurer au Liban, un pays qui ne fut pas toujours (et qui n'est toujours pas) un pays de cocagne. Monzer a quatorze ans lorsque sa mère est tuée sous ses yeux. A la fois architecte, chef d'orchestre et compositeur, il vit à Houston depuis plus de quarante-cinq ans. Sa soeur a une immense admiration pour ce frère qui réussit à concilier vie professionnelle et artistique tout en défendant la cause de la Paix.

Le frère et la soeur auraient pu se contenter de dormir sur leurs lauriers. Ils ont fait le choix de se consacrer à l'art et de partager cette passion avec les autres. 

Sans doute Dédé et Monzer n'ont-ils pas oublié la mère qui leur fut trop tôt enlevée, ni leur père, Adib.
Ce professeur de littérature anglaise et collectionneur de livres anciens – qui composent le socle de la Bibliothèque 
Selecteum –, il est aussi l'auteur dun ouvrage intitulé  Sublime Thoughts (ou comment atténuer les difficultés de la vie). Un message transmis d'une génération à l'autre et qui semble avoir été compris par ses enfants.

 

Je vous souhaite à tous une heureuse fin d'année! Et que 2013 vous soit douce, passionnante et pacifique!






 

 




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