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28/08/2016

CROISIERE LITTERAIRE ET LAUSANNOISE

  LA LITTERATURE

PREND LE LARGE! 

Retenez bien la date: 3 septembre.

Et le lieu de l'embarquement: port de Morges. 
Et encore: cette
croisière littéraire est gratuite.

 

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Isabelle Falconnier, 

déléguée du livre à la Ville de Lausanne,

animera la Croisière.

 

Ce jour-là, de 15 h.30 à 18 heures, un bateau de la CGN vous emmènera  sur les eaux du Léman en compagnie de dix-sept auteurs lausannois. 
Parmi eux, Julien Sansonnens, Hélène Dormond,  François Jolidon et Steve Vuille (Mons ?) se feront une joie de vous faire connaître leurs premiers romans.

Des écrivains reconnus comme Michel Layaz et Janine Massard signeront leurs nouveaux livres aux côtés d'Anne Bottani, Madeleine Knecht, Eric Masserey, Luca Bagiella, Rachel Maeder, Anne-Frédérique Rochat, Pascal Trépey, Marie-Jeanne Urech et André Ourednik.  

 

Les ancêtres suisses des Guggenheim

Pour ma part, je participerai à cette croisière avec  GUGGENHEIM SAGA (Editions Z).  Illustré de photos rares, cet essai biographique trilingue (français, allemand et anglais) évoque une trajectoire fabuleuse: celle des ancêtres suisses des Guggenheim fondateurs des Musées éponymes de New York, Venise et Bilbao...
Un jour de 1847, Simon et Meyer décidèrent de quitter Lengnau (Argovie) et la misère pour chercher la prospérité à Philadelphie. 
C'est l'importation de broderie de St Gall qui fit d'abord leur fortune puis l'exploitation des mines. Quelques décennies plus tard, les Guggenheim possédaient le 80% des réserves minières du monde. Mais la fortune n'est pas tout. Ils devinrent des pionniers, des philanthropes et des mécènes. Aujourd'hui encore, de Paris à New York, cette formidable source de créativité familiale n'est pas tarie...

 

Une initiative lausannoise

 Ce samedi prochain, nous serons donc dix-sept auteurs à vous présenter et dédicacer nos nouveaux livres sous la houlette de notre capitaine-cicérone Isabelle Falconnier.
Cette croisière pas comme les autres qui a lieu parallèlement au
Livre sur les quais est organisée en partenariat avec la Ville de Lausanne. Une occasion, pour Grégoire Junod, nouveau syndic de la capital vaudoise, de redire l'importance qu'il accorde à la littérature.

Nos livres  ont été édités à l'enseigne des des Editions de L’Aire, Plaisir de lire, Encre fraîche, Zoé, Campiche, La Baconnière, Luce Wilquin, Favre et Z., mais aussi chez Hélice Hélas et à L’Age d’Homme.

Des éditeurs sans qui nos livres n'existeraient pas...

 

 

PS: La croisière est gratuite mais l’inscription nécessaire.

 signelausanne@lausanne.ch

 Départ de l’embarcadère à Morges.

15/08/2016

LA FACE INTIME DE BERTIL GALLAND

Hermann Hesse nous l'avait appris dans Le loup des steppes
l'être humain est multiple.
Bertil Galland le confirme dans son dernier livre:
LES CHOSES, LES LANGUES, LES BETES,
sous-titré Petite encylopédie intime.
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A vingt-quatre ans, ayant la sagesse de concilier lecture et nature. 

 Photo: collection privée

 

Cet amoureux précoce du voyage et de la poésie, spécialiste de la littérature romande et de la Scandinavie a interviewé les «grands» de ce monde et couvert des guerres lointaines. 
Grand reporter, écrivain, à la fois éditeur et encyclopédiste, cet érudit n'est par bonheur jamais demeuré confiné à l'univers parfois austère et pédant des «intellectuels». 
Ses parents – sa mère était Suédoise, son père Vaudois – lui ont en effet appris à côtoyer les «humbles», qui sont souvent les «vrais». Afin de mieux comprendre notre planète, Bertil Galland a appris de multiples langues étrangères. Les enfants furent souvent ses premiers maîtres.
Dans les villes et sur les montagnes de la plupart des continents, dans les déserts et au bord des océans, il a pris le temps d'observer, à la loupe et avec son cœur, les «petites choses» qui sont l'essence de la vie.
Le sixième volume de ses Ecrits autobiographiques m'a tout particulièrement réjouie par l'universalité et la finesse de son propos sans oublier la petite musique de ses mots.

Loin de théoriser sur les grands problèmes politiques et géostratégiques du monde, Bertil Galland y révèle en toute simplicité sa tendresse, son humour et son humanité. 

    

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Bertil Galland: le coeur et les yeux attentifs aux «petites choses».

Photo: collection privée

 

De la disparition du «plomb» au «chez-soi portatif»

Ainsi Bertil Galland nous emmène-il dans les pages de son voyage au long cours. Si les imprimeries d'il y a quelques décennies lui manquent, ce n'est pas seulement pour l'odeur du «plomb». Autour des typos, souvent princes de l'orthographe, remplacés par les ordinateurs, une atmosphère magique s'est envolée dont l'éditeur et journaliste est nostalgique. Il y a de quoi...

Mais le grand reporter s'en est allé une fois de plus au bout du monde. Dans son sac, entre deux livres, voici la précieuse  trousse de toilette qu'il appelle son «chez-soi portatif» et qu'il nous recommande impérativement à anses. Parce que, que l'on soit dans la jungle ou dans un hôtel peu étoilé, la surface où poser cette trousse ne sera pas forcément vierge. A force de voyager dans des lieux improbables, Bertil a appris à déjouer mille et un dangers. Cinquante ans après ses premiers vagabondages, il se souvient de tout. L'évocation d'un savon, au temps de l'Allemagne hitlérienne, qu'il traversa pour se rendre en Suède, nous renvoie à Auschwitz où il se trouva quelques années plus tard. En temps de paix, la vie quotidienne de Galland n'est pas toujours un long fleuve tranquille. 
A Vevey, c'est une concierge-sorcière, qui apparaît. Mais la race est de partout. Plus loin dans nos déambulations, Bertil Galland rend hommage à un menuisier-ébéniste de Forel qui savait tout faire de ses doigts, le bienheureux, et qui de surcroît était un homme bon.

 

De la condition humaine à l'Amérique

Mais, au fait, «que font les hommes sur la terre?» Veulent-ils réellement «éviter qu'une chape ne se referme sur eux?» Croyants ou non, il nous incombe de répondre à cette question! Mais avant, suivons Bertil, Sylvie et Julien (deux mois!) Galland sur les routes d'Amérique, de Los Angeles au Yosemite Park, de Broadway au Pacifique où nous entendons un jeune père de famille s'exclamer: «Tournez, les roues d'auto et les roues de landau!» 
Car le fait est que la petite famille Galland roulait. «Bon Dieu, nous roulions dans des espaces de formidable liberté».

 

De la première 2CV aux roses via Perec 

De retour en Suisse, après s'être interrogé sur l'efficacité des freins de sa 2CV, le journaliste se plonge avec délectation dans «Je me souviens» de Georges Perec. 
Si la Petite encyclopédie intime nous révèle «la grande misère des desserts» d'aujourd'hui et de la vie d'artiste, elle nous conduit aussi à François Cheng et à d'autres interlocuteurs: les fourmis de Keller, les vipères du Lavaux, les pics, avec leur tambourinage, et les coucous. Mais voici des sangliers prétendûment «zen» au moment de l'amour... A ces animaux-là, je  préfère les roses, «Pierre Ronsard» ou «Nina Weibull», de Bourgogne et d'Ardèche et de Paris.  Ou encore de Bulgarie et d'Ispahan.
Les roses donnent à ce dernier livre de Galland un parfum irrésistible. Afin de prolonger l'enchantement, j'ai glissé entre deux pages une rose «Crimson Glory» de mon jardin.

  

 DANS LE TEXTE

«Je ressens parfois la nostalgie de l'Ouest américain, milliers de miles, routes droites qui vont à l'amble sur les plateaux ou dans les déserts rouges avec les motels à camionneurs, les rodéos de village sous les pentes à pins...»

 

«Les êtres humains se flairent à travers les barreaux du temps, de la distance, des langues. Ainsi François Cheng...»

 

«J'ai toujours eu de l'affection pour les pics, ces sédentaires en mouvement, ces solitaires à l'obstination bruyante. De son bec pointu, le pivert, un cousin, fouille l'herbe d'un verger et couvre sa fuite ondulée par un rire en cascade. Le pic noir des forêts de montagne, je l'ai plus souvent entendu qu'aperçu. Où se cache-t-il donc toujours ce croque-mort à calot rouge, qui vous aligne trente ou quarante coups de bec en deux secondes comme un menuisier frénétique qui aurait quelque peine à enfoncer les clous d'un cercueil ?»

 

«Ainsi le monde contemporain communique, répond, en dit des paquets par des textos. Il suffit d'une ligne. Il n'est plus requis de peser ses mots ni de connaître l'orthographe. Pour livrer plus de détails sur vous-même, skypez!»

 

 

 

 

 

 

* 232 pages, Editions Slatkine.